Samedi 14 novembre 2009
      Il m'arrive de faire des promesses un peu rapides et c'était le cas lorsque j'ai affirmé dans un article précédent que j'écrirais un papier rapide sur le dernier Air. Cependant, je me dois de m'y tenir et me dépêche de parler de ce Love 2 avant qu'il disparaisse dans les limbes de l'oubli, remplacé par les Veto, Fat Freddy's Drop et Dantom Eeprom du moment.
       Le duo versaillais composé de Noël Godin et Jean-Benoît Dunckel n'est plus à présenter. Un groupe français de qualité qui a su se forger une solide réputation internationale et exporter le son de la french touch. Des albums excellents que j'ai pu me passer en boucle ( Moon Safari en 1998, 10 000 Hz Legend en 2001), deux autres un peu plus irréguliers ( Talkie Walkie en 2004 et Pocket Symphony en 2007) et un talent inné pour les BO, en particulier pour les films de Sofia Coppola ( la BO bijou pour Virgin Suicides, vous savez un des premiers films où vous avez pu voir Kirsten Dunst... enfin bref). Arrive donc ce Love 2, cinquième album en studio de notre duo précieux (ou précieux duo au choix).
     Pour faire court, je suis un fan de la première heure de Air mais les derniers albums ont peu à peu effrité mon intérêt pour leur son et le manque de renouveau me paraît être leur trait principal en ce moment. Suite à la lecture de quelques critiques positives de leur dernier opus et d'une interview intéressante je me suis donc décidé à écouter ce Love 2, chose que j'aurais pu ne pas faire suite à la déception de Pocket Symphony. Il m'aura malheureusement suffi des deux premiers titres pour saisir l'atmosphère de l'album, un son de qualité reconnaissable entre tous qui a tendance à revenir vers les premiers albums sans innover très clairement.
     1. Do the joy reprend sans hésitation possible la ligne de basse de Talisman (Moon Safari) et offre un son assez saturé alors que 2.Love va chercher du côté de la lounge finement ciselée. Douceur qui s'imprègne, chant apaisé, belle instrumentation classique, petits bruits d'oiseaux. Les deux pôles du son Air sont ainsi mis en valeur, l'attirance pour le son plus rock et le talent à créer des atmosphères cinématographiques. La suite de l'album coule lentement et nous amène peu à peu vers l'indifférence. Certes 3. So Light is her footfall est un joli morceau pop, 4.Be a bee une incursion rock intéressante et 6.Tropical Disease une pépite cinématographique en devenir mais le reste (et donc surtout la deuxième partie) est extrêmement.... plat. Des morceaux que l'on a l'impression d'avoir déjà écoutés et, fait peut-être nouveau pour moi, des morceaux qui m'ennuient. A ce sujet une dédicace spéciale à l'enchaînement 8. Night Hunter ( humm ce piano soporifique) - 9. Sing Sang Sung ( pop aussi c..... qu'apprendre ses verbes irréguliers anglais..).
    Bref je dois me résoudre à reconnaître que le son Air ne me touche plus particulièrement mais , en souvenir des nombreux agréables moments passés à les écouter, j'attends déjà le prochain opus. Avec l'infime espoir qu'ils évoluent et me séduisent à nouveau...




Sylphe

     
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Vendredi 13 novembre 2009

    Voici une nouvelle section « interview » qui va nous permettre un peu plus d’interaction avec les musiciens que nous apprécions ici. Cette section s’ouvre en ce jour bienheureux du vendredi 13 (gage espérons le de réussite) avec Anomie Belle qui nous a fait le plaisir d’accepter de répondre à 10 questions. Vous pouvez d’ailleurs lire l’article concernant son album  Sleeping patterns  juste en dessous… Bref, trêve de bavardages, je vous laisse avec Anomie Belle. Bonne lecture !

 

Five Minutes : Bonjour Anomie Belle, puisque vous êtes la première interviewée, permettez nous d’ouvrir une bouteille de champagne virtuelle pour fêter ça.

 

Anomie Belle : Je suis contente d'aider à fêter la nouvelle section « interviews » du blog... 

 

FM : Pourriez vous tout d’abord vous présenter ?

 

AB : Je suis compositrice de film, productrice et multi-instrumentaliste connue sous le pseudo Anomie Belle.

 

FM : Comment définiriez vous votre musique ?

 

AB : Cinématographique

 

FM : Pourriez vous nous dire quelles sont vos influences et quels artistes vous aimez ?

 

AB : Mes influences sont nombreuses et relativement diverses. Actuellement, je prends plaisir à écouter des classiques comme Bjork, Radiohead, et de choses plus nouvelles comme Under Byen et The Notwist.

 

FM : Quel titre de l’album le représente le mieux et pourquoi ?

 

AB : Difficile question. C’est comme de demander à quelqu’un lequel de ses enfants est son préféré.

 

FM : Vous êtes basée à Seattle. Comment est la scène musicale là-bas ?

 

AB : Je l'aime beaucoup. Les gens sont amicaux et généreux. J'ai le sentiment qu’il y a un sens véritable de communauté parmi les musiciens ici au-delà des genres.

 

FM : Quel jeune artiste voudriez vous promouvoir ?

 

AB : Azeda Booth (du Canada) et un groupe local, Sleepy Eyes of Death.

 

FM : Quel est en ce moment votre groupe musical préféré ?

 

AB : Difficile à dire. Je suis enchantée de la production sur le dernier LP de the Faunts..

 

FM : Si nous devions détruire tous les albums musicaux sur Terre sauf un, lequel sauveriez vous ? 

 

AB : Question impossible. Miles Davis. Jimi Hendrix. Bach.


FM : Et si vous deviez sauver juste un titre lequel choisiriez-vous ?


AB : Adagio for Cordes  - un morceau pour orchestre à cordes, arrangé par le compositeur américain, Samuel Barber.

 

FM : Une question qui ne vous a jamais été posée et que vous aimeriez qu’on vous pose ?

 

AB : Comment votre analyse de l’idéologie, du pouvoir et des capacités pour le changement social apparait dans les paroles de votre musique ?

 

FM : Et maintenant, pour terminer, un peu de place pour dire ce que vous voulez…

 

AB : Je travaille sur deux nouveaux albums d'Anomie Belle et sur un nouveau projet avec M. Lif, alors surveillez les nouvelles sorties en 2010.

 

FM : Thanks Anomie Belle, best wishes.

 

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Mercredi 11 novembre 2009
        Il est des découvertes musicales prépondérantes qui suscitent des retours en arrière inattendus, tel est le cas d'Anomie Belle, découverte par le biais de Myspace. Derrière ce nom bien francophone (l'anomie est l'absence d'organisation, la disparition des valeurs communes à un groupe - c'était la minute culturelle du jour lol) se cache en réalité une artiste américaine basée à Seattle, Toby Campbell. Après une carrière de violoniste classique qui l'a faite beaucoup voyager ( Buenos Aires, New York, Londres, Amsterdam, Madrid, Glasgow), notre native de Portland a décidé de s'installer à Seattle en 2006 pour se vouer toute entière à son projet Anomie Belle. Son univers baigné d'instrumentation classique et de rythme down-tempo lui a vite permis de tourner avec des groupes comme The Album Leaf ou encore le bad boy de Bristol Tricky.
      Cette frêle esquisse dressée, il convient de s'intéresser à l'essentiel et à ce qui fait le charme envoûtant de ce premier album Sleeping Patterns (qui possède une pochette digne de l'univers de Aimée Mann ou de Boards of Canada).  Dès la première écoute , je me retrouve plongé dans les méandres tortueux de la vague trip-hop et la nostalgie des Morcheeba, Portishead se rappelle à mon souvenir. Cependant, il m'est difficile de l'expliquer mais cette musique n'a rien de désuet et me paraît bien au contraire très moderne, ce qui s'explique sûrement par les textes très ancrés dans l'actualité et reflétant une véritable conscience sociale. En une expression le charme de cet album réside dans cette impression d'intemporalité qui en découle.
       La recette musicale est évidente de simplicité. La voix chaude et sensuelle de Toby Campbell, capable néanmoins de taquiner les aigus comme dans 4.John g public, porte les titres et sait s'accompagner dans certains titres comme 11.Amy Song de la voix d'Anna-Lyne Williams. Ajoutons-y des rythmes down-tempo lancinants, la culture classique (piano et surtout violons) et des samples de qualité et l'on obtient ce petit bijou contemplatif.
     Hormis 10.Dox Amsterdam, morceau instrumental soul-jazz, la ligne directrice de l'album est très claire et la volonté de nous faire voyager réelle. L'album de 11 titres est très homogène, même si je dois reconnaître une préférence pour les titres de la première partie. Petit aperçu avec 5 titres que j'apprécie tout particulièrement:
1.Down, superbe morceau d'ouverture très représentatif du son Anomie Belle. Univers instrumental très dense pour accompagner la voix chaude.
3.American View et son rythme plus complexe qui me fait penser à Morcheeba.
4.John g public, morceau mélancolique où l'orchestration classique prédomine. Un piano, des violons et le rythme down-tempo: impression de voir le morceau se construire sous nos yeux.
5.Cascade, morceau plus énigmatique qui nage entre Schuller et la BO de Virgin Suicides.
7.Bedtime Stories et son profil de single incontestable.

    En cet automne rien ne vaut une parenthèse enchantée comme ce Sleeping Patterns!




En cadeau un morceau live avec Mr Lif (revival Tricky -Martina Topley-Bird musicalement?). Attention le son est de qualité médiocre.. dommage.


Sylphe
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Lundi 9 novembre 2009

Ambiance complètement différente pour ce sixième clip. Déjà mentionné dans le podcast de ce mois-ci, à mon tour de vous parler de Surf Solar de Fuck Buttons. A la qualification de "claque musicale du mois", s'ajoute un clip totalement hypnotisant et psychédélique (comme la plupart des clips qu' Andrew Hung réalise pour ce groupe) ; qui font dejà de ce titre une pépite "audio-visuelle" ! Alors pour apprécier, mettez-vous en mode plein écran ; éteignez les lumières autour de vous et préparez-vous ; à partir du moment où vous lancerez ce clip le voyage commence. Attention aux yeux...



Emma
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Mercredi 4 novembre 2009
      Comme le Beaujolais nouveau le podcast nouveau est arrivé! Avant-goût avec la play-list:

1. Bedtime Stories d'Anomie Belle
2. Dry your eyes de Wax tailor
3. Boondigga de Fat Freddy's Drop
4. Channel 7 d'Aufgang
5. Dreamland d'Emilie Simon
6. People Movin' de The Shoes
7. Barcelona de Plasticines
8. Shake de Veto
9. The Sun is down de Yoko Ono Plastic Ono Band
10. Surf Solar de Fuck Buttons
11. Atlas de Battles


Bonne écoute à tous !





Sylphe
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Vendredi 30 octobre 2009
       Petite accalmie dans les artistes français, même si promis je ferai un petit article rapide sur le dernier Air incessamment sous peu (le incessamment sous peu pour moi peut fluctuer entre une semaine et un mois lol). On va quand même demeurer en partie dans un univers francophone avec le groupe Aufgang ( littéralement ascenseur) qui n'a rien de germanique si on se fie au titre.
      Derrière cet Aufgang se trouve un trio détonant composé de deux virtuoses du piano et d'un batteur-électronicien. La touche rock/hip-hop est donc apportée par Aymeric Westrich, connu entre autre pour être le batteur du groupe Cassius. Le premier pianiste que je ne connais pas du tout en toute franchise est Rami Khalifé, adepte de Rachmaninov. Le troisième larron m'est, quant à lui, beaucoup plus familier en la personne de Francesco Tristano Schlimé. En effet, ce virtuose aux nombreux prix qui s'est fait connaître par ses interprétations de Bach aime la musique électro et s'est déjà lancé dans des projets visant à mêler musique classique et électro/techno.  Un remarqué Not for Piano  (2007) , post-produit par Murcof où Schlimé reprenait des titres technos tels que The Bells de Jeff Mills. Des projets avec le maître berlinois Moritz von Oswald (2008 Auricle Bio/on) et en plus Carl Craig en personne ( Recomposed de Ravel, Moussorgski).
      Aucun suspense possible pour cet album sorti chez InFiné qui mêle donc beats électros et pianos! 9 titres pour une heure de plaisir et de dépaysement total tant cet album brise les barrières stylistiques. Après Gotan Project qui mêle tango et électro, Craig Armstrong orchestre classique et électro voilà donc Aufgang qui allie pianos et électro! Le résultat est tout simplement sublime et je ne peux pas m'empêcher de vous parler, même brièvement, des 9 plages.
1. Channel 7 , première claque de plus de 5 minutes. Un électro angoissant se mariant à ravir avec un piano jouant sur les ruptures de rythmes.
2.Channel 8 qui joue sur le contraste entre la légèreté apparente du piano et la gravité de l'électro. Le beat imposant et grave en fond s'assimile à la lourde marche d'un géant qui serait assailli par une nuée d'abeilles représentées par les notes de piano. Une atmosphère digne de Battlefield de EZ3kiel . A noter une superbe montée en puissance sur la fin du morceau.
3.Barock, morceau plus classique faisant la part belle aux pianos en première partie. La fin avec ses boucles de sons et ses synthés me plaît davantage.
4.Sonar, deuxième pépite de l'album après Channel 7. Batterie percutante, boucles de pianos incessantes, univers inquiétant digne de Stress de Justice. Morceau à la structure plus ardue, une fin plus difficile à appréhender.
5.Prélude du passé, morceau très doux et mélancolique. Un électro très fin à la Air vient en deuxième partie envelopper le piano.
6.Good Generation, le morceau électro-pop de l'album où le piano reste au second plan dominé par les sonorités et des voix électros.
7. 3 Vitesses, morceau destructuré que j'ai du mal à appréhender.
8. Aufgang, titre électro-techno éponyme de l'album. Le morceau dance-floor. Très bon.
9.Soumission, morceau très lent à se mettre en place. Expérimentation sonore à la Amon Tobin avec ces tapes sur le piano. Belle montée en puissance avec la batterie sur la fin.

Bref, une pépite inclassable qui nous emmène haut.




Sylphe
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Mercredi 28 octobre 2009
        Encore un de ces artistes français qui à l'image de Air ou encore Emilie Simon donnent de la France une image en tout point positive, en tout cas qui me correspond parfaitement. Wax Tailor, de son vrai nom Jean Christophe Le Saoût, sort en cette rentrée scolaire 2009 son troisième opus intitulé In the mood for life, hommage à peine dessiné au In the mood for love de Wong Kar Wai. Album faisant suite à deux albums précédents de haut vol qui remettent au goût du jour ce que j'appelerai l'électro-urbain ( mélange de trip-hop, downtempo et hip-hop), à savoir mon préféré Tales of the forgotten melodies (2005) et Hope and Sorrow (2007)
       Ce troisième opus est composé de 19 titres, wouah un album de plus d'une heure me direz-vous. Relativisons de suite, Wax Tailor aime les intermèdes ou skits, des morceaux au nombre de 5 ne dépassant jamais la minute. Des morceaux pas désagréables dont j'ai du mal cependant à percevoir quelquefois la véritable utilité ( je serais mauvaise langue je parlerais de volonté d'allonger la durée de l'album), à part pour 5.Street Scent, introduction très claire à 6.No Pity.
     Instrumentalement parlant, Wax Tailor demeure dans des atmopshères musicales foisonnantes qui jouent sur les contrastes. Délaissant par rapport aux albums précédents les univers urbains ( à part l'excellente ouverture 1.City Vapors, morceau digne de The Cinematic Orchestra, et ses bruits de circulation), cet opus fait toujours autant la part belle à l'orchestration classique avec le piano et surtout les violons omniprésents et toujours utilisés à bon escient. S'ajoutent à ces instruments une batterie percutante ( 2.Dragon Chasers), des sons en tout genre, des voix "électros" qui me rappellent l'univers de Mylo (6.No Pity) et toujours ces voix pré-enregistrées qui évoquent les marseillais de Troublemakers.
    Les featuring nombreux aiguillonnent forcément les morceaux vers des styles musicaux divers. Première remarque, à l'image du single 17.Say yes (que je trouve particulièrement énervant à la réécoute soit dit en passant), le hip-hop est très présent. Assez peu friand de ce style musical (4.B-boy on wax qui me plaît peu), la recette peut néanmoins marcher à plein régime avec le très bon 9.Until heaven stops the rain et la voix de Mattic. Wax Tailor réussit même le tour de force d'allier le phrasé hip-hop aux voix folk avec les deux très bons 14.This train (voix hip-hop de Voice et le chant folk de Ali Harter) et 16.Fireflies ( Mattic et la sublissime voix de Charlotte Savary).
     La transition est toute trouvée avec Charlotte Savary dont j'apprécie particulièrement la voix. Douceur est le maître mot avec les excellents 2.Dragon Chasers, 13.Go without me ou encore 19.Greenfields. Wax Tailor est capable de créer des morceaux rappelant les heures de gloire du trip-hop avec le sublime 7.Dry your eyes qui évoque Portishead ou Lamb. La belle voix de Sara Genn et cette atmosphère japonisante à la Air.
    A part quelques tentatives plus discutables (les tentatives rétros des 50's avec le funk désuet de 11.Leave it, l'ambiance de 17.Say Yes ou le featuring de Charlie Winston dans 18.I own you) et un hip-hop un peu trop présent, cet album fait preuve d'une très belle richesse. A écouter sans retenue et à diffuser autour à tour de bras pour vanter la french touch!



Sylphe
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Lundi 26 octobre 2009
Après les jouets et personnages en plastique du clip de Just Jack et ceux en pâte à modeler dans Flowers d'Emilie Simon, restons dans l'univers de l'enfance avec Fireflies de Owl City. Clip qui correspond totalement à ce que j'aime et qui semble faire référence à l'univers de l'artiste. Un artiste vivant encore dans le monde poétique de Peter Pan, faisant ses premières compositions dans le sous-sol de chez ses parents... et voilà le fruit de son imagination :

link


Emma
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Jeudi 22 octobre 2009
       Place à mon artiste féminine française préférée, en la personne d'Emilie Simon. Dès le premier album éponyme (vous devez visualiser ce dos nu couvert de coccinelles) j'étais tombé sous le charme de la poésie émanant d'Emilie. Voix douce, univers musical teinté de trip-hop et surtout le tour de force d'associer instrumentation cohérente et chant en français. L'album Vegetal (2006) est dans la droite lignée du premier opus avec, en plus, un goût particulier pour l'expérimentation sonore. Telle une Bjork, Emilie fait preuve d'une réelle inventivité pour tirer du son des objets les plus divers. Intercalée entre ces deux albums, la BO de La Marche de l'empereur ne fait que confirmer l'impressionnante capacité à créer des atmosphères.
       Arrive donc ce troisième opus intitulé The Big Machine, allusion directe à la ville de New-York, cette Big Apple née sous le signe du gigantisme où la montpelliéraine de naissance habite désormais. Emilie Simon, si elle s'inspire désormais de ce nouveau pays d'accueil, va encore plus loin et décide d'adopter l'anglais dans sa musique. La question de ce choix de l'anglais est battue et rebattue dans les magazines et blogs en tout genre, je ne jouerai pas mon Jacques Toubon de la langue française mais le seul constat que je peux faire après de multiples écoutes de l'album c'est que le choix de l'anglais apporte musicalement mais fait perdre une infime part de la sensibilité d'Emilie (peut-être est-ce tout simplement du aussi à ma compréhension moindre de l'anglais...)
      Musicalement,avec le producteur d'Arcade Fire et son goût pour les cuivres, on délaisse l'intimité et dans une moindre mesure l'expérimentation sonore pour une musique volontairement plus imposante, une big machine quoi. Univers musicaux très léchés et savamment produits à renfort d'instruments. On va fureter du côté de l'électro-pop davantage avec par exemple l'excellent single 2.Dreamland qui pour moi demeure le meilleur titre de l'album. On évoque assez clairement l'univers de Goldfrapp avec le très bon 4.Chinatown.On tente de peindre des atmosphères dignes des années 50 comme dans 5.Ballad of the big machine et son piano rétro.
      La voix d'Emilie Simon a elle aussi beaucoup évolué et s'est affirmée. Impression qu'Emilie entre pleinement dans le rôle de la chanteuse, sa voix ne se contente désormais plus seulement d'accompagner ses univers musicaux.  Partout on ne parle que de la ressemblance avec Kate Bush, je n'en parlerai donc pas. Personnellement quand j'écoute 3.Nothing to do with you je pense plutôt à Regina Spektor.
   L'album de 12 titres demeure assez dense et je vous invite à dresser l'oreille à l'écoute des très bons 7.Closer et 10.Fools like us en plus des titres déjà cités auparavant.

    En conclusion, ce nouvel album d'Emilie Simon témoigne d'un véritable tournant dans la carrière de la chanteuse. Prenez cet album indépendamment des albums précédents sinon vous risquez une déception compréhensible. Personnellement j'ai réussi à apprécier cet opus mais dès que j'ai réécouté les anciens albums j'ai ressenti une certaine amertume. Faut croire que ce français et cet univers intimiste me manquent...



A voir la version officielle de ce clip sur youtube, très beau clip.


Sylphe
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Dimanche 18 octobre 2009
         En relisant l'article dithyrambique sur The Xx je me suis dit qu'il fallait vite écrire un article sur un album moins réussi pour ne pas que ce blog entre dans la catégorie "j'aime tout les yeux fermés" lol. Je n'ai pas eu à  chercher longtemps pour trouver le vainqueur.... And the winner is..... (roulement de tambours).... (autres roulements de tambours)... Simian Mobile Disco.
      Le duo anglais composé de James Ellis Ford et James Anthony Shaw m'avait jusqu'alors plus que convaincu avec de nombreux remixes pour les plus grands (Air, Klaxons, Bjork, Muse..) et des albums encourageants ( 2008 Fabriclive.41). Arrive ce Temporary Pleasure (plaisir temporaire, titre malheureusement bien choisi lol) que je qualifierai de l'album featurings de l'année! De la guest de compétition, de la vedette du micro en veux tu en voilà! Des stars que j'aime beaucoup dans leurs projets personnels soit dit en passant : Beth Ditto, Gruff Rhys le chanteur de Super Furry Animals, Chris Keating de Yeasayer, Jamie Lidell ou encore Alexis Taylor de Hot Chip.
       A multiplier les featurings on se retrouve souvent avec un album manquant cruellement d'unité et s'apparentant à une collection de singles. On peut aussi y perdre l'essence pure de son son en se laissant porter par le talent des artistes plus qu'en les portant. Malheureusement le navire Simian Mobile Disco n'a pas évité tous ces écueils... La richesse électronique des anglais est devenue très secondaire, n'apparaissant que dans quelques titres pas mauvais ( 3.10 000 Horses can't be wrong). Pour le reste ils s'en sont remis aux talents de leurs invités. La recette ne fonctionne que trop rarement pour moi, je garderai à la rigueur 3 titres qui tentent de surnager:
1.Cream Dream et la voix agréable de Gruff Rhys
5.Off the map et sa musique davantage électro-house
7.Bad Blood, titre digne d'un très bon Hot Chip

Un album représentatif des dérives de l'électro-pop. Faites nous de l'électro Simian Mobile Disco s'il vous plaît car c'est bien en ça que vous excellez!




Sylphe
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