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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 17:39

      Certains bruits de couloir racontent que Prince aurait décidé de mettre un terme à sa carrièrecover-copie-8.jpg après avoir entendu le refrain de Genova Heights ; il aurait même ajouté, je cite : "Je f'rai pô mieux". Oui, l'artiste anciennement connu a un peu l'accent du Nord. C'est troublant.

 

       Outre ce service rendu à la nation musicale, Stars a aussi su s'entourer d'un halo de hype en participant aux bandes originales de quelques séries américaines à succès (et après tout, pourquoi pas : c'est de nos jours le moyen le plus efficace de s'exposer aux médias de tout poils). Après le succès d'estime (et relativement commercial) de Set Yourself On Fire en 2004, In Our Bedroom After The War continue sur la lancée du groupe ; on retrouve ici tout ce qui a fait le charme de ses prédécesseurs, et en particulier les voix tantôt mêlées, tantôt en solo d'Amy Millan et de Torquil Campbell (un garçon, comme son nom ne l'indique pas forcément).
     L'album s'ouvre sur un instrumental dont le rythme est marqué par un battement qui rappelle un coeur (amoureux, forcément), et inaugure à merveille un album dont l'unité décuple les forces. Là où Take Me To The Riot retient quelques élans qu'on pourrait presque qualifier de punk bourgeois, si l'expression n'était pas si négative et galvaudée (quasi révolté, jamais décoiffé, toujours élégant), l'album enchaîne sur My Favourite Book, qui vient immédiatement apaiser nos sueurs inquiètes avec ses connotations jazzy et la douceur sans pareil de son chant.
     La révolte reste d'ailleurs le thème qui tisse le mieux le lien entre les titres ; que ce soit à travers leurs paroles pleines de tension ou par l'utilisation de chants de manifestants, ici, rien n'est jamais simple. Et pourtant, l'écoute de l'album vous plonge immédiatement dans un cocon : on parlerait presque d'un havre de paix, si on osait. On appréciera tout particulièrement le classicisme (piano et voix) de Barricade, ode obligée et somme toute assez perturbante aux amours impossibles (les classiques ne meurent jamais), et l'étude assez inédite de certains thèmes de société dans Personal : on a rarement vu une chanson aborder les petites annonces pour célibataires de Paris Boum Boum, et pourtant, c'est ici à la fois oppressant et gracieux. Je propose au passage une mention toute particulière pour Bitches In Tokyo, qui gagne haut la main le prix du titre de chanson le plus ambitieux, en plus de coller parfaitement aux envolées sixties du refrain. La chanson titre vient clore l'album en une délicieuse apothéose de presque six minutes, à grand renfort de cordes et de choeurs gospel qui auront beaucoup de mal à laisser parfaitement insensibles même les coeurs les plus rocailleux, et c'est en écrasant une larme qu'on appuie à nouveau sur "Lecture", parce qu'on ne voudrait pas que ce sentiment de bien-être absolu nous quitte déjà.


Riema
 


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