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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 13:51

En 1964, Lou Reed rencontre John Cale. Le New-yorkais et le Gallois fondent un groupe au nom changeant, avant de se stabiliser sur le Velvet Undergroud (VU), inspirés par le titre d’un bouquin sur le sado-masochisme. Déjà tout un programme. Le groupe décolle réellement en 1965 : première démo, premiers concerts en formation définitive et surtout entrée à la Factory d’Andy Warhol. Le premier album The Velvet Underground & Nico (1966) dit « à la banane » (tout un programme encore) et le second, White Light/White Heat (1967), sont expérimentaux et, pour tout dire, parfois inaudibles. Disons qu’il faut vraiment en vouloir pour se passer White Light en boucle.256863_1_f.jpg

Le départ de John Cale (ou plutôt son éjection par le toujours sympathique Lou Reed) et son remplacement par Doug Yule vont clairement réorienter le VU sur un terrain plus pop. En témoignent The Velvet Underground (1969) et la tournée qui s’en suit. Tournée enregistrée en grande partie par des fans avec un magnéto sous le bras. Les bandes seront récupérées dans les mois et les années suivants. Elles paraîtront sur quelques bootlegs, mais aussi sur deux albums officiels : 1969 : The Velvet Underground Live (1974), dont il est question aujourd’hui, et The Quine Tapes (2001).

Que vaut donc le CD du jour ? Tout est affaire de goût. Les fans de la première heure du VU regretteront amèrement l’absence de Cale, de Nico, des performances SM accompagnant le son et de l’ambiance bordel foutraque de la Factory warholienne. Les autres aimeront peut-être, ou encore trouveront que le son est « vraiment trop pourri, ça craint un max ». Il n’empêche que tous ces titres sentent bon le live pirate mais en fait officiel.

Mettez l’album dans vos oreilles, fermez un peu les yeux et vous vous croirez au fond d’un bar bien crasseux et enfumé où un petit groupe pas manchot déroule des morceaux interminables. Les deux accords de Waiting for my man sont imparables, l’énergie répétitive de What goes on ou Sweet Bonnie Brown est étourdissante, la version acoustique de Sweet Jane délicieuse. New Age donne l’impression de ne jamais finir et Rock’n’roll sent bon le groupe de lycéens qui défénestre les classiques le weekend au fond d’une cave. Je pourrais encore vous citer le très beau Pale blue eyes, ou vous dire que White Light/White Heat est livré dans une version enfin supportable. Ou encore arguer de la double présence de Heroin, un des morceaux phares du VU, dans deux versions qui font frissonner les tympans.

Je pourrais vous dire tout ça, mais l’album se suffit à lui-même. Ce n’est sans doute pas un enregistrement exceptionnel (techniquement et musicalement) et la pochette peu ragoûtante livre son lot de doutes, mais j’aime y revenir régulièrement. 1969 : The Velvet Underground Live est un album refuge, un son qui me fait du bien. Ce qui est encore meilleur, c’est qu’il s’agit d’un double. Quand la première galette s’achève, la deuxième reste à venir. On y retourne ?

 

Raf against the Machine

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