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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 11:06

 

Je n’ai pas boudé le blog, non trois fois non ! Retour aux affaires avec, excusez du peu, le presque nouveau CD du John Butler Trio, April uprising.5060107726406.jpg

On avait laissé l’australien en 2007 avec Grand national, sorte de prolongement naturel de l’extatique Sunrise over sea (2004). La nouveauté, qui saute aux oreilles, c’est le son. John Butler a branché sa six cordes et ça s’entend. Un peu comme lorsque Ben Harper avait découvert l’électricité en 1997 avec The will to live. Et le résultat est, à mon goût, le même : l’électrique n’est pas le domaine où John Butler s’exprime le mieux. Non pas que l’album soit mauvais, bien au contraire. En témoignent l’excellent One way road ou le jumpesque Don’t wanna see your face. Viennent ensuite le très rock Close to you et le bonjovien (tout le monde suit ?) To look like you, qui comptent parmi les morceaux les moins passionnants, puisqu’ils s’éloignent selon moi beaucoup trop des racines musicales de Butler.

En revanche, dès que l’ami John débranche, on retombe dans des délices et des frissons imparables : Ragged mile, Johnny’s gone, Gonna be a long time, Fool for you. L’album s’achève d’ailleurs sur une des plus belles compos du bonhomme : A star is born, à qui le dites-vous mon bon monsieur. Pour les veinards (ou les malins !) qui ont dégoté la version collector du CD, deux titres bonus qui scellent définitivement mon avis : John, laisse repousser tes dreadlocks et reprend ta bonne vieille guitare en bois !!!

Au bout du compte, quel est le verdict Monsieur le Juge ? April uprising est loin d’être une bouse. John Butler est une vraie bête musicale et, par conséquent, même un morceau moins convaincant reste au dessus de la moyenne. En revanche, cet album manque de cohérence et d’esprit d’ensemble. Concrètement,  je suis capable d’écouter en boucle les précédents opus, alors que je me suis surpris à zapper quelques titres sur celui-ci.

Une chose est certaine : encore une fois, à l’image de Ben Harper, John Butler opte pour une démarche éminemment jazz. L’un et l’autre bossent avec des équipes à géométrie variable et/ou à musiciens variables. Cela leur permet d’explorer, selon la formation du moment, des terrains musicaux différents, à l’image des grands jazzmen des années 1960-1970 : Miles Davis, John Coltrane ou Thelonious Monk pour ne citer qu’eux.

Ayant été moins convaincu par cette création cuvée 2010, ça ne m’empêche pas de l’écouter, mais ça m’a surtout permis de retourner avec délice dans les précédentes galettes. Ca donne surtout envie d’être déjà dans quelques mois (années ?) pour voir quel chemin musical le John Butler Trio suivra.

 

 

 

Raf

 

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