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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 21:01
      Je ressens toujours une foule de sentiments ambigus en janvier, tiraillé entre l'envie de dévorer à pleinescover-copie-129.jpg dents les nouveautés made in 2010 et la peur de laisser les dernières pépites de 2009 de côté. Ce mois de janvier 2010 sera donc lui aussi hybride et fera avant tout la part belle à des albums que j'écoute depuis plusieurs mois, voire à certains découverts depuis peu à travers les tops de fin d'année.
     Turzi et son album B fait partie de la première catégorie, bien 2 mois qu'il fait des passages réguliers sur ma platine. Ce besoin de temps pour l'appréhender que ne peuvent avoir les critiques musicaux des revues moi j'ai la chance de le posséder et je ne m'en prive pas.
      Après Daft Punk, Phoenix et Air, le jardin d'Eden de la musique française - Versailles- nous offre sa nouvelle progéniture chaudement cajôlée en la personne de Romain Turzi. Après un album A mêlant krautrock et électro, ce deuxième album B se tourne davantage vers les sonorités rock. Un album de 10 titres tout en tension qui se sent attiré par une batterie et des guitares résolument rock mais qui ne veut pas délaisser ses synthés.
    Avec la même logique, tous les titres commencent par la lettre B et représentent des noms de villes. Très clairement et même si cela peut paraître bien facile à dire, Turzi nous invite donc à un véritable voyage en nous offrant sa géographie imaginaire et musicale. 
    Tout d'abord, il semble évident que l'Asie rime avec le rock pour Turzi. 1. Beijing s'ouvre avec un chant très sombre à la limite du parler, chant assez sépulcral qui me rappelle Versus d'Ez3kiel. La batterie et les guitares surgissent alors et donnent une tournure très différente au morceau. 3.Bombay confirme l'impression première, la débauche des instruments qui se déchaînent s'apparente à une course effrénée. Musique tellement en adéquation avec la mégalopole de Bombay en pleine explosion démographique. 7.Bangkok confirme définitivement cette tentation du rock, symbole de l'Occident. Morceau très rock qui se caractérise par une petite musique de fond assez inquiétante.
      Par contraste, l'Amérique du Sud se veut plus électro. 2.Buenos Aires, une des pépites de l'album, offre une électro aérienne qui vient de l'espace. Morceau très riche qui fait même appel aux violons. 6.Brasilia est un écho très net, offrant un son tout aussi planant. De même, 9. Bogota est un morceau très doux porté par une ligne de basse très chaude.
     En dehors de ces deux pôles de son, certaines villes affirment leur indépendance et leur singularité. 4.Bethlehem nous offre ainsi un joli répit psychédélique au milieu de cet univers très âpre, un joli morceau contemplatif. 5. Baltimore , qui profite du chant de Bobby Gillespie (Primal Scream), est résolûment rock mais un rock qui aurait vieilli. Morceau que j'apprécie moins même si je sens une rage digne de Prodigy.
8. Baden-Baden, seule ville européenne, aurait très bien pu s'appeler Bristol (avec un B aussi tiens), tant ce morceau nous replonge dans les méandres du trip-hop de Massive Attack. Enfin, l'album se termine sur l'incantation de Brigitte Fontaine dans 10.Bamako. Ce long morceau de 10 minutes offre un climat anxiogène et le chant de Brigitte se présente comme la réponse au chant d'ouverture de 1.Beijing, une manière de fermer la boucle.
     Album difficile à appréhender, B confirme l'inventivité sans faille de Turzi.





Sylphe

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