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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 16:43

Trois ans après le virage electro-pop-dansant de L’homme du monde, et après l’intimiste Mystic Rumba l’année passée, Arthur H rebranche son matos. Plutôt une bonne opération. Si j’avais été fortement séduit par l’expérience piano-voix, je le suis encore plus par toute nouvelle expérience menée par le personnage. Cette fois encore, la bonne surprise est au rendez-vous.tumblr_ltgcyfytiB1qzthreo1_r2_cover.jpg

 

Baba love n’est pas un album révolutionnaire. L’homme du monde l’était, Négresse blanche aussi en ce qu’ils apportaient une forte réorientation musicale. Ici, on serait plutôt en terrain connu, comme un prolongement de L’homme du monde. Pourtant, écoute après écoute, Baba love révèle toute sa saveur par de subtiles différences avec tous ses prédécesseurs. Selon Arthur H, toute musique est sexuelle. Démonstration en 12 titres.

 

Cheval de feu, qui ouvre l’album, est tout simplement magnifique. Le gimmick de piano qui soutient le texte hypnotise vite nos oreilles pour nous laisser entendre un galop régulier. Magique. Les titres suivants s’enchainent dans une veine pop mâtinée de bons vieux orgues comme on les aime. Ulysse et Calypso, Give me up, Le paradis il est chinois : on est en pleine pop 2011, jouée sur des instruments d’il y a 40 ans. Un décalage raffiné et un mélange bienvenu.

Accalmie à l’approche de Dis moi tout, à écouter lové(s) sous la couette. Et de dessous la couette, on n’en sort pas pour le titre suivant. Prendre corps sonne musicalement comme du Gainsbourg époque Melody Nelson et titille nos sens.

Forcément, on sort de la Baba love. Musicalement et textuellement, Arthur H a déjà vaincu nos coeurs et nos corps. Toute musique est sexuelle, ça ne s’explique pas. Tout est histoire de sensations et de vibrations. Mais l'exercice ne s’arrête pas là.

 

Duos musclés avec Saul Williams sur Basquiat ou Izia la frangine sur La beauté de l’amour, élégant sur L’arc en ciel avec Claire Farah, culte et hypnotique avec Jean-Louis Trintignant dans L’ivresse des hauteurs. Là réside l’autre arme de ce Baba love. Arthur H a convoqué quelques pointures, y compris sa soeur Izia dont j’avais peu apprécié le premier album. Je dois reconnaître que sa présence sur La beauté de l’amour s’impose d’elle-même. Arthur H n’a jamais convié autant de voix et de personnalités différentes. Ses compos prennent une nouvelle dimension, tantôt dynamitées par Saul Williams, tantôt sensualisées par Claire Farah.

Reste le titre de clôture, avec un Jean-Louis Trintignant au sommet de son talent de comédien. Un maître des mots rencontre un sorcier musicale et c’est une explosion corporelle qui se produit en nous.

 

Arthur H réussit donc une pirouette au départ insoupçonnée : nous chavirer et nous bouleverser avec un disque finement écrit et réalisé. Le lascar avait donc bien raison : toute musique est sexuelle. Il nous en apporte la meilleure preuve avec ce Baba love aphrodisiaque que je n’hésite pas à classer d’ores et déjà dans les meilleurs albums de l’année 2011.

 


 

Raf against the machine

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