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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 15:39
       J'aime écouter une musique en adéquation avec la météo. Depuis deux jours qu'il neige j'ai décidé cover-copie-128.jpgd'écouter l'univers glacial de Ben Frost et de dépasser l'incompréhension née d'une première écoute, un matin en voiture à moitié endormi. Ben Frost est pour moi une totale découverte, By the Throat est son troisième album faisant suite à Theory of Machines sorti en 2007. Cet australien qui vit en Islande (aurait-il pu vivre ailleurs que dans la patrie des Bjork et consorts pour créer cet album?) a su parfaitement s'entourer pour cet opus. Un chef d'orchestre de qualité qui a pu déjà oeuvrer pour Bjork ( Nico Mulhy), un quartet de cordes qui collabore avec Sigur Ros ( Amiina) et le batteur de Arcade Fire préférés ( Jeremy Gara), voilà déjà quelques indices qui peuvent être annonciateurs de qualité.
       Je me lance donc et écoute avec intérêt 1. Killshot. Lente montée qui laisse place à des vagues répétitives d'un son très âpre ( Frost est expert en drone digital), quelques cordes qui apparaissent peu à peu pour atténuer cette dureté anxiogène. Instrumentation classique digne d'un Craig Armstrong ( les cordes, le piano, les cuivres) associée aux distorsions du son, voilà la terre de contrastes que Ben Frost a décidé d'explorer dans cet album. Nous nous trouvons embarqués dans un voyage polaire, sans cesse tiraillés entre la beauté minérale du paysage et la souffrance physique affligée par ce froid de l'antarctique. Ce voyage nous met face à l'hostilité de ce monde, comme nous le confirment les hurlements de loups de 2. The Carpathians. Musique cinétique qui n'est pas sans éveiller en moi les souvenirs frissonnants du Dracula de Coppola.
3. O God protect me révèle par son titre l'angoisse ressentie, morceau dépouillé à l'extrême et rythmé par des clics oppressants. Le début de 4.Hibakusja avec ses cuivres et son piano nous offre pour la première fois un semblant de répit mais dès la deuxième minute le morceau semble s'auto-détruire, le son âpre tentant de reprendre le dessus sur la douceur des cordes. Passé l'intermède 5.Untitled Transient, le titre Peter Venkman (Part I et II) et ses choeurs (hommage au film Ghostbuster) nous injecte de nouveau une dose d'angoisse. Anxieusement beau. Arrive alors 8.Leo needs a new pair of shoes que n'aurait pas renié Craig Armstrong. Morceau très doux qui fait la part belle au piano et aux cordes, le morceau que je préfère. Cette préférence s'explique par la détente du climat, ce lever de soleil qui fait fuir les loups et oublier le froid. Les trois derniers morceaux nous replongent dans la glace, l'accalmie n'aura été que de courte durée...
    Album inclassable, un travail sur le son digne des meilleurs artisans du son électronique (je pense à un certain Amon). Album difficile à appréhender mais qui ne demande qu'à vous offrir sa palette de sensations.




Sylphe

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