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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 18:39
       Pour ce deuxième article de 2010 comme prévu je vais continuer à piocher dans les pépites de 2009 quecover-copie-130 j'avais lâchement laissées sur le bord de la route, telles des chiens abandonnés par leurs maîtres lors d'un départ en vacances (vous soulignerez la qualité incommensurable de cette image...). Je me suis décidé à écouter Dead Man's Bones après avoir lu sa critique par les Inrocks (oui un moment d'égarement m'a fait parcourir le top 50 de cette année 2009) car jusqu'alors le nom du groupe et la pochette de l'album m'avaient assez peu attiré. S'arrêter à une pochette, j'étais bien bête car cette erreur de jugement aurait pu me faire passer à côté d'un bien beau premier album.
     Derrière ce nom de groupe qui fait froid dans le dos se cachent deux acteurs Ryan Gosling et son beau-frère Zach Shields qui ont eu deux idées lumineuses: faire appel à Tim Anderson à la production et s'entourer de la chorale Silverlake de Los Angeles. Il fallait bien aller chercher la douceur et la légéreté d'une chorale enfantine afin de contraster avec un univers très sombre et glacial. Pour moi, la saveur de cet album réside essentiellement dans ce jeu de contraste. La preuve en chansons avec un début d'album très mystérieux, à l'ambiance nocturne. 1.Intro offre une petite minute portée par une voix féminine semblant lire une incantation, le souffle du vent en fond. Rien de très chaleureux et l'on se dit que l'on a peut-être trouvé la Fever Ray américaine. 2.Dead Hearts ( à noter le caractère très mortifère des titres) nous donne à écouter une voix masculine toute en retenue, des choeurs en fond, quelques drums et une explosion à coup de verre cassé.  Puis doucement le morceau ralentit et retombe, laissant juste la place à des battements de coeur très angoissants.
       L'interrogation soulevée par ces deux premiers morceaux va vite prendre fin avec la nouvelle tournure prise par l'album dès 3. In the room where you sleep, morceau au rythme plus clair et pop. Petit morceau rétro qui surprend au sein de cet opus. Annoncerait-il l'entrée du choeur des enfants? En effet, les 4 titres suivants vont être portés par cette chorale. 4.Buried in Water est superbe: d'un côté un piano et une voix masculine chaude ( univers très proche de Get Well Soon) à laquelle répond le dynamisme du choeur. Simple et extrêmement touchant. 5.My body's zombie for you demeure dans la même lignée, le refrain extrêmement mélodique demeure avec persistance dans la tête. 6.Pa Pa Power et ses sonorités plus électros clôt ce tryptique de haut vol sur le même style, à coup sûr trois des plus jolis titres de 2009. 7.Young and Tragic fait, quant à lui, toujours la part belle au choeur mais tombe à mon sens dans la facilité. L'environnement instrumental minimal met en exergue le choeur qui tombe dans le pathos.
    La suite de l'album est pour moi d'une qualité un peu plus inconstante. 8.Paper Ships et 10. Werewolf Heart me laissent assez indifférent, peut-être parce qu'ils font pâle figure à côté du bijou 9.Lose you soul. Pépite en or massif de l'album qui ravive le souvenir du Wake up Dead Man de U2, avec un choeur percutant en opposition. Véritable joute verbale. 11.Dead Man's Bones, ses choeurs sombres, ses pleurs et son univers digne de Dracula de Coppola donne la dernière touche à cet album sombre mais jamais pessimiste. Un album en tension, toujours sur la corde raide mais toujours rattrapé par ces mains enfantines lorsqu'il est sur le point de trébucher.
    A garder précieusement pour le ressortir à la prochaine Halloween ou au prochain Tim Burton.




Sylphe

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