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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 14:32

        Avant de m'intéresser aux premières sorties musicales de 2014, je ne peux pasSan-Fermin.jpg m'empêcher de vous parler de mon album préféré de 2013, d'autant plus que c'est une vraie découverte et un premier album. Ne pas se fier à ce nom de San Fermin qui peut évoquer en vrac la tauromachie ou encore Ernest Hemingway, le groupe mené par le pianiste de 24 ans Ellis Ludwig - Leone est bien originaire de Brooklyn. Ce dernier s'est entouré entre autres des deux chanteuses de Lucius Jess Wolfe et Holly Laessig et d'Allen Tate qui saura vous séduire avec son exceptionnelle voix de baryton.

Pour définir la musique de San Fermin, je dirai qu'il faut une pincée de pop baroque à la Get Well Soon, une pincée de pop lumineuse à la Sufjan Stevens, saupoudrer d'un brin de mysticisme des soeurs Cocorosie, le tout enveloppé d'une voix majestueuse digne de Matt Berninger. Désolé pour le name-dropping mais cet album tiraillé entre folk dépouillé et pop orchestrale synthétise parfaitement tous ces artistes.

Renaissance! s'impose d'entrée comme le titre-phare de l'opus, la voix d'Allen Tate, les choeurs féminins, l'univers instrumental (piano-cordes) d'une grâce sans fin. Ce titre s'épanouit peu à peu, tel une rose s'ouvrant en douceur. Konstantion Gropper aurait-il trouvé ses dignes héritiers? Crueler Kind, porté en priorité par les voix féminines et un refrain qui réhabiliterait presque le saxophone, se montre résolument plus frais et plus pop, comme une résurgence du Illinois de Sufjan Stevens. Passé un Lament for V.G. aussi mystérieux qu'inquiétant avec ses cuivres fantomatiques, Casanova vient nous asséner un nouveau coup et nous prouver que le dépouillement sied parfaitement à San Fermin. La voix d'Allen Tate porte à bras le corps ce morceau, quelques cordes et un piano l'accompagnant tout en discrétion.

A peine le temps de se remettre de cette plage de douceur que Sonsick nous donne une véritable leçon de pop entre rythmique downtempo qui contraste à merveille avec l'explosion du refrain féminin et des cuivres. Une nouvelle larme avec le dépouillé Methuselah aussi touchant que Casanova, un intermède au piano digne d'Aufgang et Torero surgit avec sa muleta pour un combat plus viril. Le morceau sonne plus rock, tout en faisant toujours la part belle aux cuivres, ce qui n'est pas sans évoquer notre pépite française Woodkid. Les voix cristallines de At Night, True Love, la débauche d'instruments de The Count, le refrain digne d'Arcade Fire de Bar, tous les titres de l'album méritent notre intérêt.

Un duo plus mystique rappelant les soeurs Cocorosie avec In Waiting et True Love Asleep, un Oh, Darling brillant par son caractère apaisé avant le dernier moment épique de l'album Daedalus (What We Have) qui reflète parfaitement l'album.

En 17 titres San Fermin a démontré que la pop orchestrale avait encore de beaux jours devant elle. Une claque qui trône majestueusement au sommet de 2013, tout simplement.

 

Morceaux préférés: 1. Renaissance!

                                  5.Sonsick

                                  6.Methuselah

                                  8.Torero

 

 

 

Note: 9.5 / 10

 

Sylphe

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Published by Sylphe - dans Reviews
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