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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 21:29

             Après l'excellent Mirrored sorti en 2007, les américains labélisés Warp de Battles reviennent avec leurBlog-copie-4.png deuxième opus à la pochette alléchante Gloss Drop. Toujours John Stanier (-ex Helmet) à la batterie, Ian Williams (ex Don Caballero) à la guitare, Dave Konopka à la basse mais finie la tête pensante du groupe Tyondai Braxton qui est parti avec sa guitare et sa voix pour de nouvelles aventures en solo. Je ne m'aventurerai pas comme bon nombre de bloggeurs à dire que sans Braxton le groupe avait peu de chances de se relever car je ne suis pas dans les petits papiers de Battles et n'assiste jamais à leur processus de création.... La seule chose que je pouvais constater c'est que les new-yorkais avaient perdu leur voix, fait qu'ils ont essayé de contrecarrer dans cet opus en faisant la part belle à quelques featurings prestigieux ( Matias Aguayo, Gary Numan, Kazu Makino, Yamantaka Eye) dont on reparlera par la suite. Les premières écoutes de Gloss Drop sont plutôt paradoxales, oscillant entre plaisir de se retrouver en terrain connu avec ce math-rock ciselé et brillant toujours autant par sa haute technicité, et tâtonnements face à cette inspiration post-rock qui irait presque faire les yeux doux à la pop et à la dance. En bref un album se voulant très clairement plus hédoniste et plus facile à appréhender.  Petit survol, on se prépare pour cette fête d'anniversaire où l'on va s'enchaîner sans arrière-pensée une bonne dose de sucreries...

        1.Africastle (palme du titre mot-valise de l'année) commence en douceur avec quelques accords posés en toute simplicité sur un fond sonore mystérieux puis au bout de deux minutes le bonbon est croqué et l'explosion de saveurs en bouche est inarrêtable. La batterie et les guitares prennent le pouvoir, les claviers tentent d'entamer le dialogue, les couches musicales se superposent, les instruments entrent en communion et on assiste sidéré à ce goût en bouche, aussi doux qu'âcre. Un pur morceau de math-rock qui aurait rêvé de jouer du Vampire Weekend ayant copulé avec Animal Collective.

Dans la foulée, 2.Ice Cream nous assène une belle claque pop avec la folie caribéenne de Matias Aguayo. Un vrai délire, un accouplement incompréhensible entre pop et math-rock pour un titre inclassable, comme si l'esprit incontrôlable venait de s'enfiler une triple rangée de fraises tagada arrosées de champomy (vous savez la vieille pub avec le "donnez nous le chien"- pardon ce flash est aussi incontrôlable....). Essoufflé par cette crise de gourmandise, impossible de se poser avec le sublime 3.Futura qui symbolise parfaitement ce souci de superposer les couches musicales. Une guitare démarre puis viennent tour à tour se rajouter la batterie, les basses, le clavier puis une seconde guitare. Une rigueur mathématique pour un procédé qui met parfaitement en valeur la montée irrémédiable du morceau. Le taux de glucose est en train de dangereusement s'élever, les morceaux entre 4 et 6 minutes s'enchaînent... 4.Inchworm c'est la petite série de nounours, toujours aussi bons sans être les meilleurs. 5.Wall Street et sa rythmique aussi légère qu'ultra-rapide c'est la fontaine de réglisses qui nous inonde. La fête anniversaire semble partir en sucette (jeu de mot copyright carambar and co), l'excès de sucre a fait perdre toute raison aux jeunes convives.

     Le contre-coup arrive inlassablement, il est déjà 22h30 et les paupières frissonnent. Le rythme cardiaque baisse, un dernier sursaut d'esprit invite à s'éloigner de la table à friandises pour danser sur la piste éclairée par les spots tamisés. 6. My Machines permet de savourer un bon moment de post-rock avec la voix de Gary Numan, le math-rock est ausi loin que les bonbons. 7.Dominican fade, petit intermède percus digne de Matias Aguayo, offre le plaisir de montrer à tous qu'on maîtrise la chorégraphie ô combien difficile du dernier tube de l'été. Puis le boutonneux à lunettes craque aux platines en coupant ce tube pour un truc pop-rock qui fait un peu tâche, Kazu Makino de Blonde Redhead a beau y mettre du sien 8.Sweetie & shag serait bon mais pas en plein milieu de cette fête d'anniversaire. Puis arrive le moment détesté, celui où l'heureux élu sort son cadeau, un vieux clavier et tente un morceau improvisé ( 9.Toddler)... Ouf ça ne dépasse pas la minute 30 même si ça a semblé une éternité! Enfin le tube électro sur la piste avec le délire bricolo 10.Rolls Bayce. On se défoule en percevant dans les coins obscurs les premiers couples qui s'embrassent en évitant le carambolage d'appareils dentaires et les petits frères endormis sur les chaises. Mais une vraie fête d'anniversaire finit forcément par un raid meurtrier sur la table à bonbons, une bonne manière d'oublier que la sublime Jennifer a craqué pour le péroxydé Kévin et que la solution de rechange, la brave Cindy, ose parler au blaireau des platines... On s'empiffre avec la débauche de bananes de 11.White Electric avant de littéralement dépasser les bornes avec l'expérimental et assez inaudible 12.Sundome (feat Yamantaka Eye). La lumière s'allume, il ne reste plus qu'à ranger et repartir avec des étoiles dans les yeux et un bon mal au foie.

      Gloss Drop se consomme avec plaisir mais son écoute trop répétitive peut cependant quelques fois déclencher quelques légères aigreurs d'estomac.

 

Morceaux préférés:  1.Africastle

                                2. Ice Cream

                                3.Futura

                                5.Wall Street

 

 

Note   7.  5    /    10
Sylphe


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