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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 19:24

      Ou l'art de réaliser une pochette d'album à dix mille lieues de la substance musicale que ce dernier cover_crop-copie-1.jpgrecèle. Certes la bizzarerie loufoque des soeurs Bianca et Sierra Casady s'exprime ici mais cette impression de déguisements de centre aéré faits à base de feutrine est assez contradictoire avec la poésie émanant de cet opus. En effet, c'est avec un réel plaisir que je retrouve la grâce surannée des premiers opus que sont La Maison de mon rêve (2004) et Noah's Ark (2005) avec cette nouvelle galette des soeurs américaines.

     En 11 titres finement ciselés, Cocorosie laisse voguer sa sensibilité sans tomber dans les excès de l'extravagance, créant un album tout aussi sobre ( sobre par rapport aux précédents opus je précise tout de même) que riche. Aucun round d'observation, on atteint les sommets d'entrée avec le sublissime 1.Trinity's Crying. Une atmosphère angoissante digne d'une nuit de pleine lune, certains bruits mimant presque des hiboux, des cordes accompagnant sobrement la voix. Puis le morceau gagne en complexité avec l'apparition du piano, de la seconde voix et d'un sample oppressant. Un titre anxiogène à souhait que Fever Ray ne renierait sûrement pas. Peut-être finalement mon titre préféré de l'album, mais rassurez-vous la suite reste de toute beauté ( expression digne d'un Eric pour les cinéphiles avertis lol). 2.Smokey taboo, et son savant mélange tout en contraste entre drums et cordes qui accompagne un chant à la rythmique hip-hop, séduit et confirme de plus que le piano de Gael Rakotondrabe sera au coeur même de l'album. Et oui Cocorosie aime perpétuellement surprendre, pourquoi ne pas choisir un instrument noble pour accompagner un univers des moins classiques?

     3. Hopscotch est à mon sens un titre  des plus représentatifs de l'univers des soeurs, qui s'avèrent capables d'aller associer une mélodie cabaret à une rythmique jungle. Tout simplement désarçonnant. Il faut croire que cette musique de cabaret revient à la mode après les incursions notoires d'artistes comme Wax Tailor ou Emilie Simon dernièrement. 4. Undertaker (aucun rapport avec le mastodonte star du catch, et oui quelle culture...) qui sample la voix de la mère protectrice des soeurs Casady et 5. Grey Oceans, le titre éponyme, offrent une plage de douceur. Des titres beaux de simplicité.

     6. R.I.P. Burn face , ses tintements et ses sonorités plus électros dignes d'Emilie Simon, ainsi que 7.The Moon asked the crow qui allie piano et rythmique hip-hop prolongent le plaisir auditif.  La fin de l'album ne perd pas en qualité et je retiendrai deux nouvelles pépites avec 8.Lemonade, son superbe rythme down-tempo et son piano ainsi que le très electro 10. Fairy Paradise qui sait allier un chant langoureux à une rythmique ultra-rapide. Pour la boutade vous écouterez attentivement le titre de fin 11. Here I come dont la mélodie au piano m'évoque la mélodie de Pas de boogie woogie d'Eddy Mitchell... On avait commencé cet article avec un contraste entre la pochette de l'album et l'album lui-même, on finira avec un nouveau contraste entre cette boutade de bas étage et la sublime poésie qui émane de cet album.

 

 

Sylphe

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