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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 12:58

       Vous connaissez très sûrement de vue la silhouette maigrissime ( résultat d'une maladie horrible, lecover_crop-copie-3.jpgsyndrome de Marfan) de Bradford Cox, s'exhibant sur la pochette de Logos, le dernier opus de son projet solo Atlas Sound. Bradford Cox  est avant tout la tête pensante du groupe d'Atlanta, Deerhunter. Un groupe qui sort en ces temps automnaux son quatrième opus Halcyon Digest, littéralement "sommaire paisible". Je suis assez peu spécialiste de ces américains- j'ai l'impression de toujours reconnaître d'emblée mes limites, qu'il est dur de s'intéresser à de nombreux styles musicaux et par conséquent de ne pas pouvoir (et vouloir) trop se spécialiser - et garde juste en mémoire le très bon Microcastle en 2008 qui faisait la part belle à la pop atmosphérique.

     Vraisemblablement Deerhunter a décidé de prolonger ses accointances avec une pop ciselée à l'extrême et confirme le renouveau de la pop cette année. D'emblée 1.Earthquake nous envoie sur une piste fallacieuse avec un rythme down-tempo, quelques accords se répétant à l'identique et la voix particulièrement angoissante de Bradford Cox. La tension est palpable dans la montée inexorable du titre et il faudra encore attendre quelques instants avant de toucher du doigt la paix promise par l'intitulé de l'opus. 2.Don't cry change de manière destabilisante le climat né de Earthquake, à renfort de guitares et de voix baignant dans la réverbe. A peine 3 minutes d'un titre résolument pop qui, s'il n'est pas particulièrement recherché, a comme mérite d'affirmer les prétentions pop de l'opus. 3.Revival, dans cette veine, est déjà largement plus convaincant, les choeurs se mariant à merveille avec les guitares presque noisy sur la fin.

     4.Sailing ravira tous les amoureux d'une pop aérienne et langoureuse, la voix de Bradford s'offrant dans son plus strict dénuement. Et là patatras encore une absence de transition qui picote les oreilles avec le single ultra-pop à la limite de la caricature 5.Memory Boy. Voix claire, univers frais qui réveille les souvenirs du dernier MGMT ( je pense aussi à Franz Ferdinand sur la fin du morceau mais là je ne vous en voudrai pas si vous n'en voyez goutte!). Arrive alors un des premiers grands moments de l'album avec l'excellent 6.Desire Lines, dont la basse entêtante aurait pu figurer sans le dénaturer dans le dernier opus d'Arcade Fire. Un morceau mélodique qui reste tout comme les choeurs entêtants de 7.Basement Scene qui illustrent un univers volontiers côtonneux.

     8.Helicopter emboîte parfaitement le pas à Basement Scene et s'impose comme mon titre préféré de l'opus. Des sons légers, aquatiques et une propension à nager dans les méandres de la réverbe qui évoquent pour moi les doux spectres de Caribou ou de nos fous furieux d'Animal Collective. Tout simplement superbe. 9.Fountains Stairs laisse, quant à lui, plâner The Velvet avec un riff de guitares volontiers plus rock. Cette inspiration plus rock sera confirmée avec 10.Coronado qui saura vous surprendre avec son saxo anachronique.  L'album se clôt sur un nouveau morceau de bravoure avec le très bon 11.He would have laughed, hommage au regretté Jay Reatard. Dan Snaith appréciera à juste titre ce morceau digne du bijou Swim.

    Deerhunter a donc su pleinement me charmer, et ce malgré mon intérêt plus que variable pour la pop. Les titres faisant honneur au versant ambient/atmosphérique sont de vrais petits bijoux.

 

 

Sylphe

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