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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 18:09

       Comme prévu, je vais rester aujourd'hui, après le dernier opus de Caribou, dans cette catégoriecover-copie-11.jpg d'albums foisonnants d'intellect et par conséquent plus difficiles d'accès avec la mouture d'Owen Pallett, Heartland. Owen Pallett qui jusqu'alors hantait les disquaires indés sous le nom de Final Fantasy, mais un tout petit jeu vidéo japonais a quelque peu poussé notre canadien à définitivement garder son patronyme comme nom de scène... Ce nom ne vous dit peut-être rien mais sans le savoir il vous est peut-être plus familier que vous ne le pensez si vous adorez comme moi des groupes tels que Beirut et Arcade Fire. En effet, Owen Pallett collabore avec ces groupes (entre autres) en tant que violoniste, avec un talent incontestable.

      Malgré quelques écoutes intéressantes et la lecture de  critiques dithyrambiques à son sujet, j'avais un peu baissé les bras face à Heartland, me faisant finalement à l'idée de ne pas écrire dessus. Puis, un certain vendredi 13 août (date prémonitoire?) par une soirée ensoleillée, je suis tombé sur un artiste capable de nous emmener bien haut avec son violon et ses pédales loop, en toute simplicité dans son tee-shirt vintage violet. Le plaisir ressenti en live était plus spontané, il fallait donc se replonger dans l'album.

       Owen Pallett est donc avant tout indissociable de son violon qui se présente comme le poumon de ses morceaux. Ajoutons-y un orchestre de Prague, une palette de sons très riche et une belle voix capable de monter dans les aigus et on trouve les éléments fondamentaux de cet opus. On pense à des artistes comme Sufjan Stevens ou Loney Dear, si ce n'est que la démarche de Pallett est plus complexe et témoigne d'une volonté de renouveler la musique classique contemporaine.

    L'album qui reproduit le dialogue entre un fermier nommé Lewis, vivant dans le monde fictif de Spectrum, et son créateur est un album tout simplement grâcieux et délicat. Un univers très frais ( 1.Midnight directives) qui sait retranscrire une innocence digne du jardin d'Eden avec l'excellent 5. Lewis takes action, un morceau un brin plus pop et moins expérimental dans son approche. Certes, je trouve quelques légers excès dans cette veine avec 9.Flare gun qui m'évoque une machinerie de cirque dans un film de Tim Burton. Cependant, l'album n'est pas monolithique et ne baigne pas toujours dans la candeur comme le prouvent des morceaux comme 2.Keep the dog quiet et ses beat angoissants ou le morceau mélancolique de fin 12. What do you think will happen now? où pointe un certain désenchantement.

     6.The great Elsewhere s'affirme comme mon titre préféré de l'opus par le rythme soutenu du violon qui monte inlassablement pour laisser place à un apaisement total sur la fin. Une petite louche des violons dignes de Yann Tiersen dans 10.E is for estranged et quelques pincées des cuivres sur la fin de 11.Tryst with Mephistopheles et mon plaisir d'auditeur est comblé. Il ne vous reste plus qu'à vous confronter avec Heartland si vous ne l'avez pas déjà fait.

 

Sylphe

 

 

      

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