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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 11:36

J'avais escompté faire un premier post sur mes pérégrinations nocturnes avec la prestation de Ratatat à l'Olympia fin avril, et puis le bousin s'est avéré tellement décevant et indigeste (et dieu sait que je ne suis pas difficile !) que je suis rentrée chez moi la tête basse en faisant vœu de silence. Se taire pour mieux oublier, comme on dit. C'est pourquoi je suis d'autant plus reconnaissante à M Ward pour la remarquable et délicate soirée qu'il nous a fait passer ce vendredi ! Bisous à toi, M (le vrai, pas la version cheap de chez nous avec les cheveux bizarres) ; tu es grand et beau.

 

Je me dois d'abord de lancer un grand BIG UP à la Gaîté lyrique, ce nouveau complexe parisien dédié à la culture sous toutes ses formes : plusieurs étages de trucs en tout genre (vous apprécierez la précision de ma description), des jeux vidéo au cinéma, et surtout, SURTOUT, un bar incroyable, avec colonnades en marbre, statues de femmes-chiens les mamelles au vent, miroirs rococo et vue sur un petit square. Proposez-moi une carte d'abonnement, je signe tout de suite. On en oublierait presque qu'on est à Paris et qu'on risque fort de se faire agresser par des odeurs d'urine et de gasoil si on a le malheur d'ouvrir une fenêtre.

 

Aux troisième et quatrième étages du bâtiment, on trouve donc... une salle de concert. De taille raisonnablement humaine, à ranger du côté du Café de la Danse, la scène et le décor sont sobres, l'acoustique particulièrement agréable pour mes vieilles oreilles usées, les lumières pas agressives pour un sou (pour mes vieux yeux, etc.), et les fauteuils pour feignants en mezzanine assez espacés pour y ranger ses deux jambes à la fois. Un anachronisme, en somme. Alors qui de mieux pour fêter ma première visite des lieux que M Ward, le chromosome Y de She & Him ? Si la majorité de la publicité autour de ce charmant duo dérive de la présence en ses rangs de Zooey Deschanel, sympathique actrice et chanteuse plus qu'honorable, les médias ont eu tendance à oublier le "him" de la bande. Les chiens ! "M" a ainsi traîné ses guêtres plus d'une dizaine d'années et signé six albums en solo, tout en participant à divers projets parallèles. Il a, entre autres, coproduit "Rabbit Fur Coat", premier album de Jenny Lewis et véritable petite perle de folk-country, et participé au coup d'épée dans l'eau que fut Monsters of Folk, super-groupe assumé et soufflé dégonflé dès sa sortie du four (c'est mon Fistful of Mercy à moi).

 

(Coucou tout le monde ! Je viens de me lever et j'ai les cheveux sales, mais je vais vous jouer un petit truc quand même.)

 

Mais que fait-il donc à Paris, ce M Ward ? La réponse est surprenante : rien. Pas d'album à promouvoir, pas de bouquin à vendre, pas de DVD à filmer. Il est là pour l'ambiance, et ça se sent : il n'en est que plus détendu. Il est d'ailleurs tellement détendu qu'il est venu seul. Une guitare, un piano, paie ta soirée acoustique, mec. Histoire de bien imposer sa maîtrise d'entrée de jeu, il entame le set par un petit "Duet for Guitars" qu'on pourra globalement qualifier d'époustouflant. Encore une fois, n'oubliez jamais que je suis facilement impressionnée. De là, il peut laisser dérouler le fil de sa soirée et revisite avec bonheur la majeure partie de sa discographie. Entre un "Fuel for Fire" d'anthologie (en tout cas, de la mienne) et un "Chinese Translation" qui gagne mille fois en profondeur à se retrouver tout nu devant l'assistance comme ce fut le cas ce soir-là, il prend le temps de faire un tour au piano pour nous (me) gratifier d'un petit "Hold Time" qui fait pleurer les yeux des gens sensibles, titre toujours aussi court à mon goût, mais aussi d'une reprise de "Story of an Artist" de Daniel Johnston, parce que c'est toujours un peu la classe et que ça te donne pas mal de street cred les soirs de réunions entre artistes influents. J'en profite au passage pour conseiller à tout le monde de jeter un œil à "The Devil and Daniel Johnston", un documentaire fascinant sur ce drôle de bonhomme... Si vous aimez les fous, n'hésitez pas. Je découvre au passage que le film a été primé à Sundance, donc en plus de vous cultiver, vous pourrez aussi briller dans les soirées mondaines. Chic alors ! C'est du deux-en-un, comme les pastilles du lave-vaisselle !

 

Comment mieux conclure cette soirée qu'en invitant sur scène une personne du public à jouer la petite partie de piano de "Rollercoaster", me direz-vous ? Oh ben on ne peut pas. J'ai regretté une demi-seconde d'être montée m'asseoir avec les personnes âgées ; j'aurais bien sauté du balcon, mais ça aurait fait tâche de m'installer au piano avec les dents de devant en moins. Un sympathique monsieur a donc grimpé sur scène (en bermuda) pour s'asseoir au piano de gala (en bermuda) et a appris rapidement à enchaîner les trois ou quatre accords (en bermuda) pour accompagner M Ward (pas en bermuda) sur ce dernier titre de la soirée. Et puis il a bien fallu repartir, parce que bon aussi, il se faisait faim, mais si je peux résumer cette soirée en quelques mots bien sentis, les voici : c'était joli.

 

La semaine prochaine, si vous êtes gentils et que je ne m'écroule pas dans un caniveau entre-temps, je vous entretiendrai de plein de choses, vu que je ne sais pas lire un calendrier et que j'ai pris des places pour tout ce qui passait fin mai.

 

Suzy C.

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Published by Sylphe
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