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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 08:00

        Promis je ne parlerai pas dans cet article du passé trip-hop prestigieux de notre cher Adrian Thaws etcover_crop-copie-1.jpg ne citerai pas Maxinequaye. Mon état d'esprit avant l'écoute de ce nouvel opus du bad-boy de Bristol est disons plutôt mitigé: à la fois optimiste car j'avais trouvé Knowle West Boy plutôt encourageant comme retour en studio et tout aussi sceptique après la performance assez désastreuse subie en juin aux Trois Eléphants.

       D'entrée, 1.Every Day tend à me rassurer. Une belle voix féminine en la personne de la nouvelle égérie Franky Riley, une rythmique down-tempo et la voix rauque en fond de Tricky. Un harmonica qui vient légèrement contrebalancer le climat sombre de ce premier titre pour lui éviter de tomber dans l'excès, et ce malgré les chants des esclaves noirs qui apparaissent sur les dernières secondes. Changement total de programme avec un titre assez désarçonnant, 2.Kingston Logic qui reprend un sample du Technologic de Daft Punk. On fronce un peu les sourcils en trouvant la tentative franchement osée, mais le titre tient plutôt bien la route et se montre particulièrement entraînant. Pas le temps de se poser que Tricky emprunte de nouveau une nouvelle voie, chose qu'il fera sans cesse (trop?) dans l'album. 3.Early Bird baigne dans un climat jazzy envoûtant qui colle parfaitement à la voix et à l'univers de Tricky, la tentative sera reprise avec succès par 6.Come to me.

      4.Ghetto Stars, son univers anxiogène à souhait et volontairement grandiloquent, vient nous gifler violemment la face. Le chant de Tricky fait froid dans le dos, le titre s'insinue irrémédiablement dans nos veines. Une fulgurance dont seul Tricky a le secret. 5. Hakim, en référence au featuring d'Hakim Hamadouche alias Rachid Taha, apaise quelque peu le climat en nous emmenant dans un morceau fort original alliant Maghreb et hip-hop. Je ne suis pas pleinement convaincu mais je ne peux tout de même qu'apprécier la prise de risque.

     7.Murder Weapon et sa reprise du thème de la série télévisée Peter Gunn me prend de nouveau de court. Un morceau particulièrement catchy, au contraire du dispensable 8.Time to dance qui n'apporte rien avec son univers lumineux en totale inadéquation avec le reste de l'opus. Il ne reste finalement plus que le très bon 9.Really Real à se mettre sous la dent pour finir tant 10.Bristol London et son hip-hop/ragga style fait tâche... Longtemps j'ai cru avoir récupéré un fake, c'est dire... Un Really Real qui baigne dans un écrin de noirceur, malgré un chant volontiers plus pop et facile d'accès. Ne cherchons malheureusement pas un onzième titre car Tricky s'est singulièrement bien moqué du monde en nous pondant un opus de 29 minutes, ou comment mépriser son public. En artiste instable qu'il est, Tricky sait bâcler un concert ou se contenter de donner une petite demie-heure de son à son public mais c'est ce qui fait finalement son charme assez vénéneux. Finalement, la déception de la durée est vite oubliée, Tricky a encore été capable de viser juste et cet album trouvera une bonne place dans la discographie déjà longue de l'Anglais.

 

Sylphe

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