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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 22:04

       Et le premier très bon album de 2014 arriva... Il est l'oeuvre du groupe à géométrie Thee-Silver--jpgvariable de Montreal, Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra (je vous ferai grâce de la liste de noms qu'ils ont eus pour leurs albums précédents afin de vous éviter un sérieux mal de crâne). Pour ceux qui ne les connaissent pas encore, il faut savoir que trois membres de Godspeed You! Black Emperor - le guitariste/chanteur Efrim Menuck, Sophie Trudeau et Thierry Amar - sont à l'origine de ce projet qui démontre toute la richesse de la scène post-rock de Montreal. Pour vous situer les caractéristiques du groupe (ou comment oser résumer les 6 albums précédents en quelques mots, fait honteux mais je vous incite de tout coeur  à aller les écouter), le son est particulièrement âpre et se marie parfaitement avec un message anarchiste assez violent.

        En termes d'âpreté et de ruguosité, la première partie de l'album n'est pas en reste. Le morceau d'ouverture Fuck Off Get Free ( For The Island Of Montreal) et ses 10 minutes abruptes commence en trompe-l'oeil avec la douce voix enfantine d'Ezra, le fils de Jessica Moss et Efrim Menuck, qui fait vite place à un morceau aussi épique avec ses choeurs, ses cordes et son univers instrumental foisonnant à souhait que sombre. Une obscurité incommensurable et touchant à la grâce aux deux tiers du morceau, les voix douces tentant d'atténuer un univers apocalyptique. Austerity Blues et ses 14 minutes restera dans la même veine, jouant sur le contraste entre son noisy et cordes. Une montée en puissance placée sous le signe de l'urgence rock prend aux tripes (8-9 minutes) avant une redescente laissant transparaître une réelle fragilité, la douce voix d'Efrim Menuck se perdant au milieu des cordes. On pensait avoir atteint l'acmée de la violence mais Take Away These Early Grave Blues et ses illusoires premières notes japanisantes nous afflige 6 minutes de rage presque punk, pour un résultat qui manque à mon goût d'un peu de relief.

         La deuxième partie de l'album se montre, quant à elle, plus lumineuse. Little Ones Run, ses touches de piano tombant comme des gouttes et les voix des deux violonistes, nous plonge dans un univers diamétralement opposé et il faut vérifier à deux fois que nous écoutons toujours le même album. Mais que dire du moment de grâce qui suit? Un titre qui apparaissait (pas exactement sous cette forme il est vrai) dans l'EP The West Will Rise Again (2012) et qui est joué en concert par le groupe depuis 2011, What We Loved Was Not Enough qui sera difficile à détrôner comme meilleur titre de l'année. Une voix à la Win Butler, un univers instrumental superbe, des cordes insouciantes, une montée finale imparable, une véritable résurgence des premiers titres d'Arcade Fire. Un travail d'orfèvrerie musicale tout simplement. Le dernier morceau Rains Thru The Roof At The Grande Ballroom qui s'ouvre sur un extrait d'interview de Capital STEEZ finit sur un climat un peu plus apaisé et nous aide à nous remettre du morceau de bravoure précédent.

      Ce septième opus de Thee Silver.... s'impose peut-être comme le sommet de leur discographie, seul le temps nous le dira mais cet album est déjà gravé en moi comme un très grand album post-rock.

 

Morceaux préférés:  5. What We Loved Was Not Enough

                                       1. Fuck Off Get Free (For The Island Of Montreal)

                                       2. Austerity Blues

 

 

 

 

Note:  8.5 / 10

 

Sylphe

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Published by Sylphe - dans Reviews
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