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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 19:18

       Janine Rostron alias Planningtorock vient de sortir son troisième album studio intitulé All Love's Legal, titre qui Planningtorock.All Love's Legalsouligne l'engagement de l'artiste qui veut effacer les barrières entre les genres. Son personnage qui joue la carte androgyne à base de postiches et faux nez destabilise par sa très belle voix... masculine. Le message de Planningtorock est digne d'intérêt mais ce qui m'intéresse ici est avant tout la qualité de la musique proposée. L'album précédent W   qui date déjà de 2011 m'avait littéralement subjugué au point de le faire figurer à la 8ème place de mon top 2011, cette prêtresse mystérieuse invoquait The Knife (avec qui elle a collaboré pour l'opéra Tomorrow, In A Year) et le projet solo de Karin Dreijer Andersson Fever Ray pour créer des titres aussi anxyogènes qu'envoûtants. All Love's Legal arrive donc avec sa pochette qui pique singulièrement les yeux, ceci n'augure rien de bon et malheureusement la prémonition va se réaliser car cet album est globalement décevant.

         Au risque de schématiser, deux tendances assez contradictoires semblent prendre le dessus dans cet opus : une volonté de destructurer le son et de brouiller les pistes dans la droite lignée directrice de l'exigeant Shake The Habitual de The Knife et une fâcheuse tendance à rendre les univers plus lisses et plus pop (voire dance) avec l'excès des synthés. L'aspect énigmatique qui me plaisait tant dans W semble s'être estompé, partiellement tout du moins....

        Après un morceau d'ouverture, Welcome, assez quelconque et tout en sobriété -quelques synthés accompagnant la vox de Janine (qui se fait appeler Jam désormais) - le titre éponyme surprend. Des synthés pop omniprésents et des cordes qui me donnent l'impression d'écouter du Klaxons en pleine déprime, le résultat n'est pas mauvais mais très lisse... Heureusement Human Drama me redonne vite le sourire, tout y est, la voix sortie des ténèbres, la boucle du synthé, ces touches de clavier qui tombent. Un superbe titre, sommet incontestable de l'album, tant l'univers tout en dépouillement me fascine. Answerland me fait vite redescendre avec son aridité, je cherche encore la chair de ce morceau...

       Allez on continue dans le revival Klaxons avec Let's Talk About Gender Baby. Voix qui a perdu son charme, des synthés dance mais un ensemble qui a le mérite d'être plus entraînant que All Love's Egal. Passé l'intermède Words Are Glass, bidouillage sonore dispensable, Misogyny Drop Dead vient relever le niveau. Peut-être le morceau le plus réussi dans cette volonté de destructurer, merci les amis de The Knife! Un nouvel intermède Beyond Binary Binds qui nous fait dangereusement frôler l'overdose de synthés nu-disco avant Steps qui me séduit de plus en plus au fil des écoutes par sa rythmique contemplative.

       Les 7 minutes de Public Love sont un peu trop longues mais pas dénuées de charme grâce à cette rythmique obsédante, par politesse je ne dirai rien du dernier intermède Purple Love, Patriarchy Over & Out clôt l'album sur une touche pop tout en légèreté qui ne colle pas au timbre de voix de Jam.

       Pour conclure, cet album a le mérite d'explorer de nouvelles pistes mais le résultat est très inégal. Je vous conseille par contre très fortement d'aller réécouter le très beau W.

 

 

Morceaux préférés:    3. Human Drama

                                     7. Misogyny Drop Dead

                                     10. Public Love

                                     5. Let's Talk About Gender Baby

 

 

 

 

Note :  6 . 5  /  10

 

Sylphe

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Published by Sylphe - dans Reviews
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