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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 11:00

Chose promise, chose due : retour à 5 minutes de vrai bon son avec Rome, livraison printanière 2011 de Danger Mouse. De son vrai nom Brian Burton, ce DJ new-yorkais de 34 ans a déjà un beau pedigree : expériences sonores avec Beck, Gorillaz ou The Good, The Bad and The Queen, mais aussi un joli petit scandale en 2004 avec The Grey Album. The Grey Album, ou un mashup entre le White Album des Beatles et le Black Album de Jay-Z. Et pourquoi donc un scandale ? Parce que l’ami Mouse n’avait jamais demandé les droits d’utiliser les morceaux des Beatles. Tout ça a fini en album pirate, téléchargements par millions et repérage par Damon Albarn qui recruta l’énergumène pour produire Demon Days.

 

La musique sort grandie de tout cela puisqu’on récupère un créateur de sons et d’ambiances assez incroyable. Avec Rome, Danger Mouse s’est lancé dans un album hyper-travaillé en compagnie de Daniele Luppi, compositeur italien dont il fait la rencontre en 2004. Leur passion commune pour les bandes originales du ciné italien les réunit autour du projet Rome, une sorte de pari démentiel mené sur plusieurs années.danger-mouse-rome-album-art.jpg

 

Direction l’Italie et Rome, donc, où le duo réunit certains des musiciens ayant joué les BO de Sergio Leone/Ennio Morricone. Non contents de retrouver les musicos, ils enregistrent au Forum Music Village, studio fondé justement par Morricone. Et pour parfaire le tableau, tout ce beau monde bosse selon les techniques de l’époque : de l’analogique, des bandes magnétiques, du matos vintage déniché on ne sait où, pour accoucher d’une trame musicale à pleurer de bonheur.

 

Et des voix. Magiques, démentielles, à se damner. Pensez donc : ouverture avec le Theme of Rome, du fond duquel émerge une voix pas tout à fait inconnue. Edda Dell’Orso, ou la soprano qui a dramatisé Le Bon, la Brute et le Truand. Quelques titres plus loin, Norah Jones pose son velours sur Season’s trees, Black (où on percevra en intro le sample d’Hotel California) et Problem Queen. Jack White, de son côté, assèche The rose with the broken neck, Two against one et The world comme le fin fond d’un désert-spaghetti.

 

Rome est sans appel : c’est un disque génial. Tour à tour clin d’oeil gigantesque à Morricone ou album pop-hip-hop hors du temps, on y retrouve aussi des sons et des ambiances du Western sous la neige de Dionysos. C’est un album troublant qui ne dit jamais son époque, en s’offrant à la fois du vintage comme on n’en rêvait plus et des touches de modernité en avance de plusieurs années. Une aventure de plusieurs années. Un travail minutieux, acharné et passionné. Assurément un des albums phares de 2011.

 

 

 

Raf Against The Machine


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