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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 08:19

       Tout en haut de mon podium musical figure un septuor montréalais mené par un couple enviable Réginecover_crop-copie-10.jpg Chassagne - Win Butler sur lequel je n'ai jamais osé écrire car il me paraît peu naturel de retranscrire les sensations ô combien fortes à l'écoute de leurs opus.  Tout le monde bien sûr connaît Arcade Fire désormais après deux superbes albums, l'enchanteur Funeral (2004) que je classe dans les tout meilleurs disques de la décennie et le brin trop grandiloquent Neon Bible (2007). De nouveau c'est une performance live qui s'avère être le déclic de l'écriture tant j'ai pu savourer une nouvelle fois le souffle épique qui traverse leurs concerts avec ce nouveau concert à Rock en Seine. Un souffle épique qui n'a pas laissé de marbre les cieux qui l'ont sauvagement fait savoir et nous ont écourté notre plaisir d'une demie-heure. Fichus cieux, au moins ils s'étaient montrés plus respectueux du talent lors de leur premier passage à Saint-Cloud en 2005.

      J'avais, jusqu'en ce début d'août, religieusement attendu la nouvelle mouture d'Arcade Fire, résistant aux sirènes de la tentation des nouveaux titres parus sur le net. Bon allez, j'avoue un petit mensonge: j'avais écouté le single Month of May et avais été horriblement déçu, ce qui avait été un véritable vaccin pour la suite.  Arrive donc ce nouvel opus qui, dans une démarche digne de Springsteen, veut mettre à l'honneur la banlieue nord-américaine comme l'indiquent le titre et la pochette qui nous exhibe une voiture garée face à un pavillon digne des séries américaines de notre adolescence. Je me passerai des effets de suspense, silences et points de suspension en tout genre pour affirmer d'emblée que nos Canadiens ont de nouveau frappé fort avec ces 16 titres et 64 minutes de plaisir - menu un poil trop copieux il faut le reconnaître.

      On retrouve les éléments habituels propres à leur son avec quelques évolutions. Au niveau du chant, il est à noter que Win Butler est plus présent au détriment de Régine Chassagne. Certes, le chant de Win se fait de plus en plus assuré mais je regrette quelque peu la légère mise à l'arrière-plan de Régine. Cependant, cette impression est vite estompée par les morceaux coupés en deux ( 7.Half Light I et 8. Half Light II / 14.Sprawl I et 15.Sprawl II) qui ont le charme d'un dialogue amorçé entre Win et Régine et tendent à replacer les deux chanteurs sur le même piedestal.

      L'univers instrumental reste assez similaire même s'il gagne légèrement en diversité. Toujours ces violons portés entre autres par Owen Pallett (l'introduction de 5.Empty Room) qui symbolisent si bien nos Canadiens, auxquels le piano et surtout les guitares viennent s'ajouter avec de plus en plus de force. L'omniprésence des guitares s'explique par une volonté de créer un album un brin plus rock avec des morceaux plus directs. On ressent moins à l'écoute cette impression de fouillis sonore qui pouvait quelquefois perler sur Funeral.  Arcade Fire évolue et a tiré les leçons de Neon Bible en se faisant moins grandiloquent, plus naturel presque comme le reconnaît Win Butler " La musique doit être un truc sérieux mais peut-être moins que ce que nous pensions.".

       Exceptionnellement je vais vraiment me réduire à vous parler de quelques pépites de l'album afin de ne pas gâcher votre future découverte. 1.The Suburbs et 2.Ready to start ouvrent superbement l'opus, le premier par sa rythmique piano digne d'un saloon et le second par son énergie épique digne des meilleurs titres de Funeral. Deux titres addictifs s'il en est.  5.Empty Room, ses violons et sa rythmique ultra-rapide, est une belle course à nous en faire perdre haleine qui sonne comme un hymne au chant de Régine. 9.Suburban War est mon titre préféré du point de vue de sa structure. Complexe, ce titre s'appuie sur quelques accords de guitare et la voix de Win et se pésente comme une légère ballade folk  ( ce que seront des titres comme 11.Wasted Hours et 12.Deep Blue ). Cependant, l'accélération du rythme sur la deuxième partie souligne superbement la perpétuelle tentation du rock qui point. 3.Modern Man et ses paroles plus amères, les superbes titres coupés en deux qui jouent sur les contrastes, la liste des pépites pourrait être encore longue. Finalement la déception du single 10.Month of May, qui sonne comme une parodie rock d'Archive et s'avère le titre qui me convainc le moins, est vite passée tant cet album devient rapidement familier.

      Arcade Fire demeure toujours au firmament de mes goûts que ce soit pour leur musique ou leurs prestations scéniques, autant dire que la concurrence peut encore se retrousser les manches pour les détrôner!

 

Sylphe

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