Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 10:09

Sera-t-il là ? Sera-t-il pas là ? Chantera-t-il ? Chantera-t-il pas ? Il n’a échappé à personne (du moins je l’espère !) que le buzz de la semaine concerne l’hypothétique retour de Bertrand Cantat (Bertrand pour les intimes) sur scène, ce soir. Le festival de Bègles en serait le théâtre. Bègles où tout a commencé pour Noir Désir. 

Histoire de prendre un peu de recul, revenons à deux albums du quatuor bordelais : Tostaky (1992) et Des visages des figures (2001), assurément deux CD à la fois sommets et charnières. Pas de malentendu : tous les albums de Noir Désir sont bons, comme disait (presque) Brassens, « Tout est bon chez [eux], y a rien à jeter ». Pourquoi alors, me direz-vous, mais pourquoi ces deux là ? Parce que. Noir desir Tostaky front

Parce que dès l’ouverture avec Here it comes slowly, justement, rien n’est slowly. Une sorte de rouleau compresseur implacable se met en marche, qui ne s’arrêtera que 47 minutes plus tard. Entre-temps, on se sera fait pilonner (en tout bien tout honneur) par Ici Paris, Alice, Johnny colère ou It spurts. Assurément les titres les plus punchy de l’opus. En alternance avec Oublié et Sober song, sorte de balades plombées d’avance, One trip/one noise et sa tension extrême (qui ne s’exprimera que réellement et pleinement sur scène), ou encore Marlène : quand le fantôme de l’Ange Bleu s’égare dans un rade cradasse et enfumé du port de Hambourg. En parlant d’ange, justement, Lolita en est un qui passe sur la fin du CD, comme pour aérer un peu cette plongée vertigineuse dans les bas-fonds du meilleur groupe de rock français.

Restent deux titres non évoqués : 7 minutes (qui en fait 6 en réalité, bande de blagueurs va…), trip expérimental où l’ami Sergio s’exprime gaillardement. Et Tostaky, titre-phare et tant et tant entendu, mais tellement puissant. 

Album sommet donc : Noir Désir montre ce qu’il sait faire, et il le fait bien comme dirait l’autre. Du rock, du vrai, brut de décoffrage. Album charnière ? Assurément. Les trois premiers albums du groupe fleurent bon le rock de la seconde moitié des années 1980. Où veux-tu qu’je r’garde ? (1987), Veuillez rendre l’âme (1989) et Du ciment sous les plaines (1991) ont permis aux Bordelais d’asseoir un talent certain. Bertrand écrit comme un chef, sa plume fait mouche et la zik va bien avec. Ces trois premières galettes forment un tryptique « années 80 » basé sur une guitare pas encore saturée et une section rythmique ultra-efficace mais pas encore bestiale.

Tostaky (1992) est un tournant : lourd, brutal, craché en urgence, il laisse préfigurer le CD suivant, 666.667 Club (1996), qui restera bien costaud tout en se diversifiant musicalement. Ces deux productions constituent d’ailleurs un dyptique « années 90 ». Les années 80 furent créatives et dansantes, les années 90 plus moroses et tendues (Nirvana et Pearl Jam y sont nés, ce n’est pas un hasard).

Tryptique, dyptique, album seul : les années 2000 et Noir Désir accoucheront du bouleversant Des visages des figures (2001). Mais pour l’heure, « Soyons désinvoltes / N’ayons l’air de rien » : Tostaky tourne dans la platine, ne précipitons pas les choses et ne boudons pas notre plaisir.

(A SUIVRE...)

 


 

 

Côté vidéos… impossible d’en choisir une, en voici donc deux ! Du clip, du live… N’en jetez plus !

 

 

 

Raf against the Machine

Partager cet article

Repost 0

commentaires