Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 11:27

                Toujours en quête de ma jeunesse perdue, à moins que ce ne soit pour combler mon oisiveté naissante, j'ai choisi de m'attaquer à une question majeure : qu'est-ce qui, dans mon adolescence, a bien pu me conduire à écouter Oasis avec autant d'acharnement ? Même si j'ai toujours été, et suis encore, pro Blur, j'admets aisément que l'année de la soi-disant "guerre" qui a opposé les deux groupes, l'ami Damon et ses camarades ont proposé leur plus mauvais album à ce jour (SEE WHAT I DID THERE ?!). Et pourtant, l'acclamé deuxième disque des Mancuniens correspond pour moi au début du déclin d'Oasis. J'ai donc réécouté pour vous et avec la plus grande attention "Definitely Maybe", pour voir si l'œuvre avait su résister au passage du temps, mais aussi "(What's the Story) Morning Glory", pour voir si je trouvais ça toujours aussi bof/bidon ou bien.

 

                "Definitely Maybe", c'est quoi ? Un mur de guitares un peu sales, une voix jeune et décidée, une batterie un peu métallique qui donne l'impression d'avoir été enregistrée dans des cabinets, des paroles qui ne volent pas bien haut, mais que je ne comprenais pas à l'époque et qu'on pardonne sans peine à un groupe tout jeune qu'on découvre. Aujourd'hui, si je comprends enfin ce qu'ils racontent, leurs élucubrations me font globalement sourire ; j'y vois un gang de jeunes pas très inspirés qui trouvent par hasard deux mots qui sonnent bien ensemble et qui cherchent à broder autour. Parce que je veux dire, "Slide Away", quoi, les gars. Et puis les mélodies sont là, elles s'accrochent, elles virevoltent, elles te collent une beigne en gesticulant, mais tu es bien obligé de t'avouer vaincu et d'écouter l'album jusqu'au bout. L'Oasis de l'époque avait le talent de me faire découvrir une musique qui me semblait nouvelle, du haut de mes 14 ans, et de rappeler à mon père les plus belles heures de sa jeunesse. C'était un pont de belle facture entre deux générations musicales, et pour ça, ils méritent le plus grand des respects.

 

 

 

 

                Mais pour "(What's the Story) Morning Glory", alors, qu'est-ce qu'ils méritent au juste ? Parce que quand même, soudain, c'est le drame. À mesure que les guitares s'éclaircissent, la voix se fait plus rocailleuse et les pistes se démultiplient. À bien y réfléchir aujourd'hui, je crois bien qu'autant sur cet album que le suivant, j'ai eu l'impression de voir un groupe péter plus haut que son cul et y prendre plaisir, vu que de toute façon on leur signait des chèques quasi les yeux fermés. Mais malheureusement, un riff bidon reste un riff bidon, qu'il soit joué par une, deux ou quinze guitares (n'est-ce pas, "Hey Now" ?), et les velléités de chanteur de Noel Gallagher font un peu peine à entendre quand la voix attitrée du groupe est aussi reconnaissable et charismatique que celle de son frère (sur disque en tout cas ; en live, c'est une autre histoire). Après, il a choisi de se lancer sur une power-ballad affligeante qui pompe allègrement John Lennon, donc je m'en remettrai et je ne m'attarderai pas plus longtemps sur "Don't Look Back in Anger", tout a déjà été rabâché mille fois à ce sujet. Alors oui, même avec le recul, je trouve ces chansons toujours un cran en-dessous de celles de leur premier album, et le fait d'avoir écouté les deux disques dans la foulée l'un de l'autre n'a certainement pas joué en la faveur du second.

 

 

                Au final, la différence vient aussi de ce qu'on peut trouver l'arrogance touchante quand elle vient d'un groupe de jeunes gens plutôt talentueux et bien décidés à conquérir le monde, et fatigante quand elle va de pair avec un manque d'inspiration. C'est très joli d'avoir de la morgue, à condition d'avoir de quoi la soutenir. Mais encore une fois, le principal propos d'Oasis tenait dans sa quête de gloire et de reconnaissance, ce qui signifie qu'une fois leur objectif atteint, ils se sont vus dans l'obligation de se réinventer. Et ça, niveau écurie à Augias et tout, ça se pose là, quoi. Finalement, la plus belle preuve de leur échec se retrouve dans le morceau d'ouverture de "(What's the Story) Morning Glory", "Hello", les trois minutes les plus barbantes, peu inspirées et premier degré de l'album. "It's good to be back" ? Pour vous peut-être, hein, mais moi je m'ennuie un peu. Vais plutôt aller me refaire un petit "Live Forever", tiens.


Suzy C.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires