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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 09:10

        Et oui je pense qu'il devient désormais évident que les 7 gallois de Los Blog-copie-17.pngCampesinos! font partie de mes petits plaisirs simples et coupables.... Depuis 2008, déjà 4 albums pour ce jeune groupe et ce Hello Sadness, signé chez Turnstile Records, sera le troisième album des "paysans" dont je parlerai dans ce blog. J'étais resté sur le très bon Romance is boring en 2010, illuminé par la grâce du sublissime The Sea Is A Good Place To Think Of The Future, Hello Sadness prendra-t-il le relais avec succès?

       Les premiers titres de l'opus nous ramènent en terrain conquis, débauche d'instruments et d'énergie, puissance du chant de Gareth et choeurs bien sentis. Ce genre de musique qui a le pouvoir d'exciter mes zygomatiques. L'ouverture 1. By your hands brille donc par la palette des sons (achh ce glockenspiel) et la puissance mélodique des choeurs, qui se marient toujours aussi bien au timbre grave de Gareth. Un des meilleurs titres de l'album asséné d'entrée. 2.Songs about your girlfriend reste dans la même veine, même si l'atmosphère se fait plus pop-rock (oui, oui, ce mot n'est pas insulte). Le glockenspiel est juste entêtant, l'énergie juvénile communicative. 3.Hello Sadness, le titre éponyme, représente tout ce que j'aime chez Los Campesinos!: un univers instrumental tout en contrastes avec ses cordes empruntées à Arcade Fire et une montée en puissance imparable. Un titre estampillé " Fans inconsidérés d'Arcade Fire" et une dernière minute d'énergie brute juste superbe. 4.Life is a long time commence alors à prendre une nouvelle direction, le morceau est plus structuré et Gareth plus posé dans son chant. Il annonce la deuxième partie de l'opus où la volonté de canaliser l'énergie est réelle, du coup je suis tiraillé entre regret de cette retenue et plaisir de voir une nouvelle ligne directrice.

       5.Every defeat a divorce (Three lions) gagne donc en apaisement et majestuosité ce qu'il perd en énergie débordante pour un résultat plus que convaincant. Los Campesinos! se risque même à la ballade intimiste avec 6.Hate for the island et je me laisse doucement porter par ces 2 minutes apaisées.7.The black bird, the dark slope revient sur des terres plus rock déjà explorées par Kill The Young pour un résultat plus convenu, 8.To tundra a le mérite d'amener en douceur le dernier sommet de l'album avec l'excellent 9.Baby I got the death rattle, morceau sombre qui sait évoluer et laisser jaillir sur la fin l'énergie jusqu'alors retenue. Il n'y a pas à dire, Los Campesinos ne doit pas aller contre-nature et persister dans la voie qu'il maîtrise, quitte à être taxé de manque de rigueur dans sa débauche d'énergie. 10.Light leaves, dark sees pt.II termine en douceur l'opus et laisse une impression générale mitigée. Même si le désir de faire évoluer sa musique ne peut qu'être félicité, pour moi Los Campesinos! n'est jamais aussi séduisant que lorsqu'il laisse libre cours à son refus de contrôler.

 

Morceaux préférés:     3.Hello Sadness

                                   1. By your hands

                                   5.Every defeat a divorce (Three Lions)

                                   9. Baby I got the death rattle

 

 

 

Note  7 /  10

 

Sylphe

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 17:07

         J'ai déjà parlé dans ce blog de mon attachement pour Ghinzu qui se présente comme une desBlog-copie-16.png locomotives-phares du rock belge mais j'avoue ne m'être jamais vraiment penché sur le groupe qui a véritablement écrit les lettres de noblesse du rock chez nos voisins frontaliers, à savoir la formation de Tom Barman dEUS. Depuis 1991 et déjà 6 albums dont le dernier Vantage Point en 2008, dEUS exporte un rock de qualité, très incisif qui a quelquefois su charmer mes oreilles. En septembre, le 7ème opus intitulé Keep you close est sorti et depuis il ne cesse de tourner régulièrement sur ma platine. L'occasion fait le larron comme dirait tout spécialiste linguistique en expressions désuètes, alors suivez moi pour explorer la dernière pépite du plat pays.

      Première constatation, dEUS a choisi une formule condensée pour cet opus, avec seulement 9 titres et une quarantaine de minutes de haut vol. Pas forcément la carte de la quantité mais cependant réellement la formule de la qualité. Le titre éponyme 1.Keep you close ouvre tout en douceur l'album, avec ses cordes et son vibraphone. Une lente montée portée par la voix apaisée de Tom, les cordes donnent une véritable majestuosité au morceau qui s'insinue en nous langoureusement tout en nuances et sobriété. L'atmosphère semble être à la sérénité même si 2.The Final Blast nage en eaux plus troubles dans la foulée. Arrive le premier sommet de l'album avec l'excellent 3.Dark sets in, morceau tout en tension qui explose avec son refrain addictif porté par les choeurs. Ce genre de montée en puissance qui désarme totalement, la recette qui fait mouche à tous les coups. L'énergie dévastatrice suinte par tous les pores du morceau qui s'impose comme un beau moment de bravoure comme je les aime. 4.Twice we survive et son ambiance feutrée vient baisser le rythme cardiaque, même si les refrains plus âpres injectent régulièrement la tension sous-jacente toujours présente dans les morceaux de Keep you close.

       Nouveau sommet de l'opus avec le très bon 5.Ghosts. Petite ritournelle au piano, flow percutant, refrain addictif qui monte inlassablement et me rappelle sur la fin l'atmosphère des successeurs  Ghinzu par sa touche plus électro-rock. 6.Constant now offre ensuite une atmosphère plus lumineuse, plus pop oserais-je dire, et ne laisse pas vraiment un souvenir impérissable car il manque à ce morceau une tension palpable. La voix grave de Tom Barman, digne d'Iggy Pop, nous embarque alors avec la sublime ballade 7.The End of romance qui rappelle la majestuosité de 1.Keep you close. 8. Second nature et 9.Easy viennent joliment refermer la boucle, avec une préférence pour l'atmosphère complexe et vénéneuse de Easy. dEUS signe avec ce Keep you close un album dense qui figurera dans les meilleurs albums rock de 2011, tout simplement.

 

Morceaux préférés:     3.Dark sets in

                                   5.Ghosts

                                   1.Keep you close

                                    9.Easy

 

 

 

 

Note  :   8   /    10

 

Sylphe

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 10:31

 

Salut tata !

 

J'espère que ça groove pour toi à l'approche de Noël. Tu as vu comme les gens se racontent déjà leurs fêtes de fin d'année et comment ils vont fourrer leur dinde alors qu'on n'est même pas encore en décembre ? Moi ça m'énerve passablement (il faut dire aussi que je n'aime pas trop la dinde, ni les marrons, et encore moins les enfants, alors ce genre de festivités, ça me donne juste envie d'uriner sur des paillassons.)

 

Toujours est-il que je me suis laissée dire que tu en avais un peu assez d'écouter Dalida en boucle sur l'autoradio de ta Saxo, alors tu vois, j'ai pensé à toi et je me suis creusé la tête pour essayer de te proposer autre chose. Non, ne me remercie pas, c'est aussi que tu n'auras rien d'autre à Noël ; c'est la crise, je ne t'apprendrai rien.

 

J'ai fait un savant calcul, rapport à Dalida, et plusieurs conclusions se sont imposées d'elles-mêmes : il te faut (i) de la mélodie ; (ii) de la meuf qui sait chanter (mince, ça nous oblige à faire une croix sur Mélanie Laurent ! Visage triste !) ; (iii) des rythmes entraînants, MAIS... (iv) une certaine profondeur, voire de la mélancolie. Genre, tu voudrais qu'on te laisse danser (MONDAY !), mais en même temps tu es rongée par l'envie de mourir sur scène. Faut que ça bounce, bébé, mais aussi que ça fasse réfléchir. On n'est pas que des animaux, non plus, et je te rejoins tout à fait sur ce point.

 

Alors moi, voilà ce que je te propose : The Bird & The Bee. C'est deux Américains, un garçon et une fille, et je m'arrêterai là sur leur biographie, la taille de leurs chaussures et combien de sucres ils prennent dans leur café, parce que tu es quand même assez grande pour aller faire un tour toi-même sur Wikipédia. Leur musique repose beaucoup sur les claviers, ce qui peut, avec un chouïa de talent, être source d'une forte polyvalence. Si tu es un peu molle et au bout du rouleau, BIM ! "Love Letter to Japan", ça va te requinquer en moins de deux. Tu veux t'abandonner à ton spleen comme si tu lisais d'obscurs poètes iraniens seule dans la pénombre ? PAF, ils ont la bande-son qu'il te faut : "I'm a Broken Heart", s'il ne faut en choisir qu'une.

 

 

 

 Ils ont en plus le bon goût de multiplier les reprises élégantes, et je te mets au défi de ne pas soupirer en écrasant une larmichette à l'écoute de cette reprise de "How Deep is Your Love".

 

 

Les Bee-Gees, en plus, c'est ta génération, tata ! Tu vois, c'est le destin. Dans le même ordre d'idée, si tu veux t'intégrer un peu mieux aux jeunes générations, tu peux leur balancer cette FANTASTIQUE reprise de Rihanna.

 

 

Qui aurait cru que ce titre de mauvaise augure cachait en réalité une belle chanson ! Et pour finir, tu pourras à ton tour te faire mousser dans les discussions de hipsters en leur faisant remarquer que c'est la délicieuse Shirley Manson de Garbage qui susurre les "Oooh here she comes" dans cette reprise d'un autre tube des années 80, "Maneater".

 

Tu vois un peu comme tout se recoupe ! Bon par contre, si tu ne connais pas Garbage, ce sera pour une autre fois, là faut que j'aille me laver la tête.

 

 

 

Voilà tata, c'est tout pour cette fois-ci, mais si tu as d'autres questions, tu sais où me trouver ! La prochaine fois, j'essaierai de te trouver un environnement sonore irréprochable pour les vacances. Parce que c'est pas toujours l'amour à la plage, non plus. Aouh, aouh.

 


Et gros bisous, hein !

Suzy C.

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 16:43

Trois ans après le virage electro-pop-dansant de L’homme du monde, et après l’intimiste Mystic Rumba l’année passée, Arthur H rebranche son matos. Plutôt une bonne opération. Si j’avais été fortement séduit par l’expérience piano-voix, je le suis encore plus par toute nouvelle expérience menée par le personnage. Cette fois encore, la bonne surprise est au rendez-vous.tumblr_ltgcyfytiB1qzthreo1_r2_cover.jpg

 

Baba love n’est pas un album révolutionnaire. L’homme du monde l’était, Négresse blanche aussi en ce qu’ils apportaient une forte réorientation musicale. Ici, on serait plutôt en terrain connu, comme un prolongement de L’homme du monde. Pourtant, écoute après écoute, Baba love révèle toute sa saveur par de subtiles différences avec tous ses prédécesseurs. Selon Arthur H, toute musique est sexuelle. Démonstration en 12 titres.

 

Cheval de feu, qui ouvre l’album, est tout simplement magnifique. Le gimmick de piano qui soutient le texte hypnotise vite nos oreilles pour nous laisser entendre un galop régulier. Magique. Les titres suivants s’enchainent dans une veine pop mâtinée de bons vieux orgues comme on les aime. Ulysse et Calypso, Give me up, Le paradis il est chinois : on est en pleine pop 2011, jouée sur des instruments d’il y a 40 ans. Un décalage raffiné et un mélange bienvenu.

Accalmie à l’approche de Dis moi tout, à écouter lové(s) sous la couette. Et de dessous la couette, on n’en sort pas pour le titre suivant. Prendre corps sonne musicalement comme du Gainsbourg époque Melody Nelson et titille nos sens.

Forcément, on sort de la Baba love. Musicalement et textuellement, Arthur H a déjà vaincu nos coeurs et nos corps. Toute musique est sexuelle, ça ne s’explique pas. Tout est histoire de sensations et de vibrations. Mais l'exercice ne s’arrête pas là.

 

Duos musclés avec Saul Williams sur Basquiat ou Izia la frangine sur La beauté de l’amour, élégant sur L’arc en ciel avec Claire Farah, culte et hypnotique avec Jean-Louis Trintignant dans L’ivresse des hauteurs. Là réside l’autre arme de ce Baba love. Arthur H a convoqué quelques pointures, y compris sa soeur Izia dont j’avais peu apprécié le premier album. Je dois reconnaître que sa présence sur La beauté de l’amour s’impose d’elle-même. Arthur H n’a jamais convié autant de voix et de personnalités différentes. Ses compos prennent une nouvelle dimension, tantôt dynamitées par Saul Williams, tantôt sensualisées par Claire Farah.

Reste le titre de clôture, avec un Jean-Louis Trintignant au sommet de son talent de comédien. Un maître des mots rencontre un sorcier musicale et c’est une explosion corporelle qui se produit en nous.

 

Arthur H réussit donc une pirouette au départ insoupçonnée : nous chavirer et nous bouleverser avec un disque finement écrit et réalisé. Le lascar avait donc bien raison : toute musique est sexuelle. Il nous en apporte la meilleure preuve avec ce Baba love aphrodisiaque que je n’hésite pas à classer d’ores et déjà dans les meilleurs albums de l’année 2011.

 


 

Raf against the machine

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 14:27

Sacré Miossec. Un titre comme ça, ordinaire, pour un album qui ne l’est pas. J’ai l’immense plaisir de suivre le bonhomme depuis ses début discographiques. Tout a commencé avec Boire (1995) et Baiser (1997), deux galettes aux titres qui faisaient bien marrer l’étudiant que j’étais alors, une bière à la main. Ces deux albums ont baigné mes années de fac, peut-être plus encore le premier : non pour sa thématique, mais pour ce qui m’est toujours apparu comme un somment du dépouillement et de la sécheresse (un comble...!) Les textes étaient ciselés et percutants comme je les aime, soutenus par des guitares franches.

Les années ont (un peu) passé et les albums de Miossec se sont succédés, avec plus ou moins de réussite, sachant que, de toute façon, un album moins efficace de Miossec reste largement au-dessus du lot. Mention particulière à 1964 (2004), qui est à mes oreilles son second meilleur album.12216_sta.jpg

 

Et le 12 septembre dernier a débarqué l’antithèse de Finistériens (2009). Alors que ce dernier jouait la carte des arrangements léchés de Yann Tiersen et l’accalmie (un Miossec pâlichon), Chansons ordinaires prend le parti de l’uppercut. Une ambiance brute de décoffrage avec des bonnes guitares en avant, qui s’ouvre sur un premier pied de nez très miossequien : «Tout a déjà été dit / Mais ce n’est pas grave / Car personne n’écoute / Personne n’écoute» (pied de nez en partie pioché chez Gide). Et là, on pressent le grand album. La Chanson pour les amis qui suit résume en 2 minutes et quelques secondes le temps qui passe et nos interrogations existentio-amicales.

Chanson d’un fait divers, peut-être le titre le plus brillant : le hors-champ textuel selon Miossec. Rien n’est dit, tout se suppose dans un titre magistralement écrit et interprété. Tout comme dans la Chanson qui laisse des traces, que je ne peux décemment pas décrire sans la spoiler. Que dire, sinon qu’elle me donne la même chair de poule que 30 ans (sur L'étreinte).

Faut-il aussi souligner la puissance contenue de la Chanson pour un homme couvert de femmes ou la culture distillée de la Chanson d’un bon vieux temps : un gars qui cite Berthe Sylva en regrettant le temps où on chantait les putes et l’absinthe force mon respect. Quant à la Chanson d’insomniaque, dois-je avouer qu’elle m’a effectivement empêché de dormir et que je brûle d’envie de l’entendre sur scène, à une heure tardive ? Clôture des hostilités avec la Chanson sympathique qui se paye le luxe de reprendre Avoir un bon copain tout en ressemblant à un Que devient ton poing (sur Boire) qui aurait couché avec les guitares des Pixies.

 

Chansons ordinaires n’est donc pas un album ordinaire. C’est avant tout le meilleur Miossec depuis 1964, mais surtout depuis Boire. Une sorte de CD jumeau 16 ans plus tard. Je suis bien en peine de choisir l’un ou l’autre pour la première marche du podium. Boire était rock dans l’esprit, par ses thématiques, ses guitares sèches (à tous les sens du terme). Chansons ordinaires renouvelle l’opération, en étant en plus rock dans le son. C’est donc, on peut le dire, un album extraordinaire sur lequel il faut absolument se jeter pour l’écouter, le laisser infuser, l’amadouer, l’apprécier encore et toujours plus à force d’écoutes en boucle. Et si Chansons ordinaires piquait tout simplement la place de CD de l’année 2011 ?

 

 

 

 

Raf Against The Machine

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 15:58

         Découverte aujourd'hui d'un artiste que je connaissais simplement de nom parce qu'il a beaucoupBlog-copie-15.png collaboré avec Ariel Pink, à savoir John Maus. Signé sur le label Upset the rhythm, cet intello de la musique contemporaine ( un petit doctorat en sciences politiques en poche) a déjà sorti deux albums, Songs en 2006 et Love si Real en 2007, qui n'ont pas particulièrement révolutionné le milieu musical. Arrive donc ce troisième opus au titre très sentencieux et à la pochette sublime avec ce phare luttant au milieu des vagues houleuses d'une mer démontée.

         Dès la première écoute, les ficelles de John Maus apparaissent facilement: ça fleure bon les années 80 entre synthés disco à la Moroder, voix grave à la Ian Curtis et ambiances sombres post-punk. Une énième tentative pour faire revivre Joy Division, Orchestral Manoeuvres in the dark, tout en saupoudrant abondamment l'ensemble de synthés nostalgiques des années 80. D'entrée, 1. Street Light fourmille de ses synthés disco qui étincellent de mille feux la voix sombre de John Maus, le contraste est agréable et ce morceau d'ouverture illustre parfaitement la pochette de l'album. Le niveau s'élève radicalement avec la pépite de l'opus 2.Quantum Leap, voix caverneuse, basse chaude, boucles de sons que ne renierait pas Hot Chip. Un joli hymne au post-punk, orchestré de manière très maligne. A n'en pas douter John Maus sait tout aussi bien bidouiller qu' Ariel Pink. Passés les synthés plus apaisants de 3..... and the rain, 4. Hey Moon est une belle reprise d'un cantique chanté par Molly Nilson, avec à ses côtés.... Molly Nilson. Un superbe morceau, tout en dépouillement, qui est particulièrement envoûtant.

          5.Keep pushing on s'impose par la suite comme un autre sommet de l'album. Des synthés qui me rappellent de manière surprenante le Mylo de Destroy rock'n roll et ce contraste toujours aussi saisissant avec la voix de John Maus qui par ses intonations fait penser à Matt Berninger. Un morceau faisant écho à 2.Quantum Leap. Un intermède d'une minute qui donne quelques frissons avec 6.The Crucifix et 7.Head for the country nous ramène 30 ans en arrière, en pleine période disco. On est franchement à la limite de la caricature, mais les synthés arrivent encore à peu près à sauver le morceau. Et là très clairement on me perd, je commence à couler face à ces synthés oppressants qui ne démontrent pas une bien grande originalité.8.Cop Killer se traîne péniblement, 9.Matter of fact propose du sous Joy Division, 10.We can breakthrough et 11.Believer ne sont pas foncièrement mauvais mais ils ne proposent rien de novateur et ils passent sans me marquer.

         Finalement cet opus de John Maus tient la route sur la première partie puis se perd par manque d'innovation. On aura au moins pu réviser nos connaissances sur la musique des années 80... mais bon cette musique paraît singulièrement anachronique.

 

Morceaux préférés:       2.Quantum Leap

                                    5.Keep pushing on

                                    4.Hey Moon

                                    1.Street Light

 

 


 

 

Note     5  .   5     /     10

 

Sylphe

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 17:31

         Aujourd'hui la belle découverte de ce mois d'octobre avec le deuxième opus de Sayem, A City gone mad w/ fever.Blog-copie-14.png Autant jouer la carte de la franchise de suite, je ne connaissais pas du tout le toulousain Sayem qui a sorti son premier album Phonogénique en 2007, album nageant entre trip-hop et électronica. Le nouveau projet, accompagné d'une BD signée Artus de Lavilléon, se présente comme la BO d'un film imaginaire en noir et blanc se déroulant dans un milieu urbain hostile, un Sin City à la française disons. Avec Flairs à la co-réalisation, des featuring de qualité ( DSL, Le Prince Miiaou), une voix féminine assez convaincante ( Flavia Eusepi), Sayem a su parfaitement s'entourer pour nous faire voyager le temps de quelques bobines dans un superbe univers cinétique.

       1.Scenario commence justement sur le son magique de la vieille bobine de cinéma, qui se trouve enveloppée de synthés avant que la voix vienne infuser sa dose d'énergie. Un morceau assez percutant en ouverture, on vient de monter dans un bolide et la course nocture risque fort d'être haletante. 2.Glory tears vient tout de suite atténuer cette impression et se faire volontiers plus contemplative avant d'exploser avec ses synthés nu-disco, pour une atmophère aussi glam qu'électro-pop. Ce morceau introduit parfaitement le petit bijou 3.Play fight and win... sunday, morceau singulier qui donne l'impression que les Fuck Buttons auraient volé les consoles 8 bits des Crystal Castles. Tout aussi anxiogène que planant. Crissement de pneus et c'est la rage rock de 4.Monster qui éclate, pour poursuivre le name dropping ça sonne très clairement CSS, époque Cansei de Ser Sexy. Un instrumental de qualité pour faire retomber la pression avec 5.Chasing after a queen avant d'entamer un tryptique de haut vol. Première claque avec 6.436 seconds of happiness qui n'aura jamais aussi bien porté son nom, entre douceur folk au piano portée par le chant de Le Prince Miiaou et synthés aquatiques (ainsi que cris d'enfants) à la Bibio d'Ambivalence Avenue. Deuxième gifle avec le flow de DSL sur 7. Attack of the 50ft man (déjà sur Phonogénique 7.Culture invitait les rappeurs de La Caution, coincidence?), le texte frappe juste au milieu des synthés. Troisième soufflet qui a valeur d'uppercut avec le somptueux 8.A city game, vaste voyage onirique digne des Fuck Buttons. Morceau instrumental désarmant et qui nous fait poser le genou à terre. 9.Girls revient faire un tour sur les plate-bandes de 4.Monster, 10.Good night and good luck offre la grâce de son piano avant de se faire plus électro-pop et 11.The Black Mountain... saturday nous laisse sur une note contemplative, comme si le héros observait le lever du soleil qui va mettre fin à l'âpreté de cette course nocturne.

         Pour faire concis on a envie de demander "A quand le film?" tant cette BO est superbe. Et puis bon si vous venez de voir Drive vous n'en succomberez que plus.

 

Morceaux préférés:       8.A city game

                                    6. 436 seconds of happiness

                                    7.Attack of the 50ft man

                                   3.Play fight and win... sunday

 

 

 

 

Note  8   /  10

 

Sylphe

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 18:24

       Depuis bientôt 4 ans que je me suis lancé dans l'aventure bloguesque et que je suis en immersion totaleBlog-copie-13.png dans la musique indépendante, je me suis créé un petit panthéon d'artistes intouchables, de virtuoses qui peu à peu prennent la place des premiers coups de coeur que sont les Massive Attack, Archive, Radiohead, Goldfrapp et compagnie. Sans une once de réflexion me viennent naturellement les noms d'Arcade Fire, Get Well Soon, Sigur Ros, Sufjan Stevens et un jeune américain Zach Condon qui m'avait fait succomber en 2006 avec Gulag Orkestar, superbe album de pop orchestrale née dans les Balkans. Beirut fait désormais partie de ces artistes qui nous font voyager dans leur univers si personnel et pour qui il m'est impossible de ne pas attendre les mains moites la sortie des prochains opus. Un The Flying Club Cup de qualité qui soulignait l'amour de Beirut pour la France ( il suffit de réécouter cet hymne d'amour qu'est Nantes), un March of the Zatopec/Holland plus conceptuel et moins convaincant avec son caractère hybride entre électro et rythmiques latines et nous voici aujourd'hui avec The Rip Tide, sorti sur Pompeii Records, le label créé par Zach Condon. Un quatrième opus qui nous replonge dans l'univers de Gulag Orkestar et nous confirme, si besoin était, que Beirut est un des artistes les plus fins du moment.

        Tous les ingrédients du succès sont donc bien présents: une voix entre fragilité et émotion, un sens mélodique incomparable, des cuivres toujours aussi dépaysants, un piano discret, des cordes sensibles. Cependant, ce qui fait la beauté des morceaux de Beirut c'est bien cette perpétuelle impression de simplicité qui prédomine au milieu de la richesse instrumentale. The Rip Tide c'est donc un bref voyage de 9 titres (allez mon seul reproche concernera la petite durée de l'album) quasi-indissociables et exceptionnellement je ne m'attacherai pas à vous esquisser chaque morceau. Je vous conseille juste de savourer les yeux fermés la mélodie imparable et les cuivres de 1.A Candle's fire, les synthés de 2.Santa Fe, la superbe balade qu'est 3.East Harlem, la pop baroque digne de Get Well Soon de 6.The Rip Tide et le dépouillé 8.The Peacock. Non, non je ne peux pas non plus négliger le piano de 4.Goshen, les cordes de 5.Payne's Bay, la rythmique de 7.Vagabond ou l'ascension finale de 9.Port of Call. Avant que je change d'avis et ne résiste pas à la tentation de tout vous dire sur ce The Rip Tide, je m'échappe.

           Beirut fait en tout cas superbement taire les détracteurs de March of Zatopec et signe un album de pop orchestrale de haut niveau. Certains diront sûrement et à juste titre que Zach Condon n'a pris aucun risque et a proposé l'album qui aurait du suivre son Gulag Orkestar, pour le coup j'ai apprécié entendre ce qu'il sait faire le mieux. Pour le futur, il n'est pas impossible que j'attende de Beirut une nouvelle évolution artistique mais là je vais juste me contenter de savourer.

 

 

Morceaux préférés: 3.East Harlem

                              1.A Candle's Fire

                              2.Santa Fe

                              6.The Rip Tide

 

 

 

 

Note     8  .  5    /   10

 

Sylphe

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 12:52

Dans un mois exactement, le nouveau Assassin’s Creed sera révélé. Quel jeu de mot subtil, pour un opus qui sera justement sous titré Revelations. Les gamers trépignent d’impatience et, avouons-le, moi avec. Je trépigne doublement : j’attends à la fois de découvrir le jeu, mais aussi de voir si la bande-son de Revelations vaudra celle des épisodes précédents.

 

Tout commence en 2007 lorsque débarque sur nos consoles Assassin’s Creed premier du nom, avec pour héros le charismatique Altaïr. Je n’en dirai pas beaucoup plus sur le contenu du jeu au risque de spoiler, si ce n’est que l’affaire prend place entre Jérusalem, Damas ou encore Masyar, donc en plein milieu de ce que nous appelons aujourd’hui le Moyen-Orient au cours de la troisième croisade. Visuellement, rien à dire, on y est. Nos oreilles aussi. Flûtes et oud réveillent les ambiances orientales, soutenus par des choeurs mystiques. Normal : l’univers du jeu met aux prises Templiers et Assassins, en Terre Sainte. Là où les croisades ont fait se rencontrer les religions et les cultures. J’aime d’ailleurs beaucoup les thèmes où se croisent voix européennes et oud oriental. Aussi parce que j’aime beaucoup le oud. Pourquoi parler autant de cet instrument ? Par plaisir, aussi pour un test : on a remarqué que le blog est beaucoup plus lu lorsqu’on publie un article où apparaît le mot oud. Dont test.AC_album_art.jpg

 

Revenons à nos assassins, pour faire un saut de quelques siècles en avant : direction l’Italie de la Renaissance avec Assassin’s Creed II, sorti en 2009. Ambiance évidemment différente, mais bande-son tout aussi réussie, meilleure serais-je même tenté d’écrire. Alors que le jeu devient plus riche dans le scénario, les possibilités et les actions (le gameplay comme on dit), la musique qui l’accompagne aussi. Altaïr a fait place à un de ses descendants, Ezio. Ce dernier, en plus de mener ses missions d’assassin, peut gérer sa villa ou remplir des missions annexes. Les sons concoctés par Jesper Kyd suivent cette même voie. Ils se partagent entre thèmes paisibles ou plus soutenus, à grands renforts de guitare classique ou électrique, de percussions savamment utilisées. Tantôt aérienne (tel Ezio bondissant de toit en toit), tantôt plus lourde et pesante (tel Ezio frappant sa victime), la musique de Kyd accompagne toujours avec pertinence la classe du futur maître assassin.

 

2010 voit arriver un second volet des aventures d’Ezio. Assassin’s Creed : Brotherhood démultiplie les possibilités du joueur et propulse le héros dans la Rome dirigée par les Borgia. La série gagne encore en profondeur de jeu et les différents protagonistes en épaisseur. Ezio a pris quelques années et gagné en expérience, tout comme Jesper Kyd, qui nous livre là un soutien sonore de premier ordre. Bien sûr, l’ambiance de Brotherhood tranche moins avec le précédent, puisqu’on reste dans le même univers géographique. Pourtant, là où on pouvait craindre des thèmes redondants, Kyd innove encore et toujours. On ne sait d’ailleurs trop comment, puisque le matériau instruments/voix reste le même. Le résultat est pourtant là : un jeu absolument captivant et une bande-son envoûtante.

 

Et dans un mois pile, Revelations arrive, sa bande-son avec. Je mise gros dessus : en trois épisodes, la saga vidéoludique et musicale a pris une ampleur et une épaisseur incroyable. A l’instar d’une soundtrack de cinéma, la bande-son des Assassins donne un méchant relief à un jeu déjà haut en couleurs. C’est bien simple : essayez de jouer avec le son, puis en le coupant. Alors ?

Je ne souhaite qu’une chose : que ce quatrième volet suive la piste ascendante empruntée par ses petits frères. On devrait alors passer un sacré bon moment.

 

PS : ne cherchez pas les CD, ils ne sont malheureusement dispos que dans les versions collectors des jeux. En revanche, tout est dispo en téléchargement légal !

 

 

 

Raf Against The Machine


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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 16:03

         Ils sont deux anciens musiciens temporaires de Phoenix et ont décidé en 2005 de créer un groupe au nom41pQfalK6ML._SL500_AA300_.jpg peu vendeur de Housse de Racket, ils s'appellent Victor Le Masne et Pierre Leroux et après un premier opus encourageant en 2008 Forty Love (vous avez forcément entendu un paquet de fois le titre Oh Yeah! surtout si vous êtes adeptes de Canal +) ils ont sorti cet été leur deuxième LP Alésia, signé sur Kitsuné et chapeauté par Philippe Zdar en personne. Alors qu'en est-il de la suite des aventures pour nos deux frenchies qui doivent nourrir l'envie folle de suivre le chemin  d'une électro-pop sucrée tracé par Two Door Cinema Club?

           Le duo Housse de Racket se veut en tout cas plus ambitieux et, au risque de surfer trop facilement sur le nom du groupe, ils ont décidé après quelques victoires sur des tournois challenger de s'attaquer aux qualifications de Rolland Garros.Shorts fluos, maillots floqués "Zdar products", ils entrent plutôt détendus sur le court et semblent totalement imperméables à la pression. On les trouve même volontiers convaincants à l'échauffement, les jeunes adolescentes commencent déjà à se pâmer devant ce superbe jeu de jambes. Ils gagnent le toss et choisissent de servir. Leur stratégie est claire: servir fort et faire le point rapidement car si l'échange se prolonge ils savent qu'ils sont courts physiquement. Le premier jeu de service fait déjà taire les mauvaises langues, les balles fusent, ça claque du bon gros smash qui aterrit dans les tribunes où somnolent de gros bourgeois qui ne se sont même pas rendus compte que le match précédent était fini. 1.Human nature, ses synthés et son atmosphère pop, percute en ouverture et 2.Roman, le meilleur titre de l'opus pour moi, est un superbe morceau d'électro-pop décomplexée qui sait néanmoins se faire planante et rappeler Phoenix.

      Premier jeu de service du duo hongro-zimbabwéen opposé aux français. Malgré quelques beaux points- 3.Chateau qui tient encore le rythme-, nos frenchies décadrent certaines frappes et  ça finit dans les bâches - le très poussif 4.Apocalypso au nom malheureusement prémonitoire, créature hybride entre la rythmique de Battles, les percus caraibéennes de Matias Aguayo et le chant de Malajube pour une belle soupe musicale. Mais bon pour l'instant rien de rédhibitoire grâce à la pêche de 5.Chorus, même si Victor revient boitillant à 2-1 pour les français et demande l'appel du kiné. Du coup pause dans le match avec le titre éponyme 6.Alésia qui essaye d'instaurer un son lourd qui fait les yeux doux à Midnight Juggernauts voire Justice. Excès de synthés...

     Malheureusement le tournant du match, Victor est touché physiquement et Pierre a de plus en plus de mal à se concentrer sur son jeu depuis qu'il a croisé le regard d'une brune vaporeuse qui pianote sur son smart phone et ne daigne presque pas regarder le match. Du coup Victor est trop court et Pierre en fait trop.... Ils se prennent quatre jeux blancs et perdent le premier set 6-1. 7.Ariane, 8.Les hommes et les femmes, 9.TGV et 10.Aquarium brillent par la simplicité caricaturale des arrangements et des paroles... affligeantes. Début du deuxième set, la brune a quitté les tribunes et Pierre joue plus intelligemment - 11.Empire, morceau sombre et plus mesuré. 1-0 pour les français dans le deuxième set quand le ciel noir explose et les grosses gouttes se mettent à tomber...   Pierre et Victor se réveillent soudainement en sentant leurs housses commencer à se mouiller, encore un de ces foutus cauchemars où ils prennent une décullotée à Rolland Garros. Il est temps de repartir à l'entraînement dans l'innocence totale. S'il vous plaît ne leur dites jamais que cette taule n'était pas un cauchemar car ils sont bien sympathiques. Laissons les s'entrainer et s'améliorer de nouveau car là franchement ils se sont bien ratés... En hommage aux paroles sompteuses de 10.Aquarium "J'ai oublié tout ce qui s'est passé, je me suis démaquillé", je vais aller me démaquiller en espérant vite oublier que j'ai perdu mon argent en achetant cet album à la pochette douteuse, qui plus est....

 

 

Morceaux préférés:          2.Roman

                                       1.Human Nature

 

 

 


 

Note    4  .   5     /     10

 

Sylphe

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