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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 13:22

Retour cette semaine sur du son qui hante nos oreilles depuis maintenant 5 ans. Je me rappelle de ce jour où j’ai découvert les premières images de Dexter, accompagnées de sa bande-son : une sorte de choc visuel et sonore.

Sous le soleil de Miami ou dans sa nuit moite et inquiétante, il y a toujours une mélodie appropriée pour accompagner le plus attachant des serial-killers.00105292-680031_catl_500.jpg

 

Tout comme l’existence de Dexter Morgan, la bande-son de la série se partage en deux domaines.

Lorsque Dexter Morgan est un brillant expert de la police scientifique, frère attaché à sa frangine, en recherche d’une hypothétique petite amie, Miami se pare de ses sonorités cubaines : Conoci la paz, Flores para ti ou Con mi guaganco. Ambiance bossa, son, salsa. Le soleil brille sur les taches de sang que Dexter analyse, Vince Masuka (son collègue) sort des blagues de cul, les burritos sont servis accompagnés d’un mojito. Les corps sont esthétiques et sensuels, drapés dans la douceur des guitares et des cuivres. Tous ces morceaux sont l’oeuvre des Others compositeurs.

 

Mais Dexter est aussi Dexter, serial-killer inquiétant et implacable, qui a toutefois le bon goût de ne s’attaquer qu’à des victimes elle-mêmes coupables. Une sorte d’Inspecteur Harry poussé à l’extrême et qui, disons le, fout quand même bien les pétoches. Entre alors en scène Daniel Licht. Compositeur assez méconnu du grand public, il a essentiellement oeuvré pour des soundtracks de films passés un peu inaperçus. Jusqu’à ce qu’il se lance dans l’aventure Dexter.

 

Ce garçon a réussi une prouesse : retranscrire en sons le côté flippant de Dexter, mais aussi ses doutes, son désespoir, ses peurs. A l’arrière des mélodies traînent de multiples bruitages de cymbales, crécelles, cordes frottées. Et des bruits de lames. Ces même lames que Dexter plante dans ses victimes, celles avec lesquelles il tranche les chairs. Touts les morceaux de Licht sont brillants, sans exception : Shipyard, Voodoo jailtime ou Blood Theme sont trois petites merveilles. Les autres titres ne sont pas en reste : lorsque Dexter ne tue pas, il s’interroge, se cherche, dans une sorte d’apesanteur. Une réflexion aérienne presque hors du temps qui transpire dans I can’t kill, New legs, Photo albums ou Courting the night. J’arrête là. Je pourrais recopier toute la tracklist.

 

Tout est dit. Il n’y a plus qu’à (re)visionner les différentes saisons de Dexter en ouvrant grand ses oreilles, ou encore à se procurer les 4 CD. Je ne vous ai parlé ici que du premier, les 3 suivants sont au moins aussi parfaits. Des soundtracks qui ne sont rien d’autre que la déclinaison sonore d’une des meilleures séries de l’histoire de la TV.

 

 

 

Raf Against The Machine


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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 11:27

                Toujours en quête de ma jeunesse perdue, à moins que ce ne soit pour combler mon oisiveté naissante, j'ai choisi de m'attaquer à une question majeure : qu'est-ce qui, dans mon adolescence, a bien pu me conduire à écouter Oasis avec autant d'acharnement ? Même si j'ai toujours été, et suis encore, pro Blur, j'admets aisément que l'année de la soi-disant "guerre" qui a opposé les deux groupes, l'ami Damon et ses camarades ont proposé leur plus mauvais album à ce jour (SEE WHAT I DID THERE ?!). Et pourtant, l'acclamé deuxième disque des Mancuniens correspond pour moi au début du déclin d'Oasis. J'ai donc réécouté pour vous et avec la plus grande attention "Definitely Maybe", pour voir si l'œuvre avait su résister au passage du temps, mais aussi "(What's the Story) Morning Glory", pour voir si je trouvais ça toujours aussi bof/bidon ou bien.

 

                "Definitely Maybe", c'est quoi ? Un mur de guitares un peu sales, une voix jeune et décidée, une batterie un peu métallique qui donne l'impression d'avoir été enregistrée dans des cabinets, des paroles qui ne volent pas bien haut, mais que je ne comprenais pas à l'époque et qu'on pardonne sans peine à un groupe tout jeune qu'on découvre. Aujourd'hui, si je comprends enfin ce qu'ils racontent, leurs élucubrations me font globalement sourire ; j'y vois un gang de jeunes pas très inspirés qui trouvent par hasard deux mots qui sonnent bien ensemble et qui cherchent à broder autour. Parce que je veux dire, "Slide Away", quoi, les gars. Et puis les mélodies sont là, elles s'accrochent, elles virevoltent, elles te collent une beigne en gesticulant, mais tu es bien obligé de t'avouer vaincu et d'écouter l'album jusqu'au bout. L'Oasis de l'époque avait le talent de me faire découvrir une musique qui me semblait nouvelle, du haut de mes 14 ans, et de rappeler à mon père les plus belles heures de sa jeunesse. C'était un pont de belle facture entre deux générations musicales, et pour ça, ils méritent le plus grand des respects.

 

 

 

 

                Mais pour "(What's the Story) Morning Glory", alors, qu'est-ce qu'ils méritent au juste ? Parce que quand même, soudain, c'est le drame. À mesure que les guitares s'éclaircissent, la voix se fait plus rocailleuse et les pistes se démultiplient. À bien y réfléchir aujourd'hui, je crois bien qu'autant sur cet album que le suivant, j'ai eu l'impression de voir un groupe péter plus haut que son cul et y prendre plaisir, vu que de toute façon on leur signait des chèques quasi les yeux fermés. Mais malheureusement, un riff bidon reste un riff bidon, qu'il soit joué par une, deux ou quinze guitares (n'est-ce pas, "Hey Now" ?), et les velléités de chanteur de Noel Gallagher font un peu peine à entendre quand la voix attitrée du groupe est aussi reconnaissable et charismatique que celle de son frère (sur disque en tout cas ; en live, c'est une autre histoire). Après, il a choisi de se lancer sur une power-ballad affligeante qui pompe allègrement John Lennon, donc je m'en remettrai et je ne m'attarderai pas plus longtemps sur "Don't Look Back in Anger", tout a déjà été rabâché mille fois à ce sujet. Alors oui, même avec le recul, je trouve ces chansons toujours un cran en-dessous de celles de leur premier album, et le fait d'avoir écouté les deux disques dans la foulée l'un de l'autre n'a certainement pas joué en la faveur du second.

 

 

                Au final, la différence vient aussi de ce qu'on peut trouver l'arrogance touchante quand elle vient d'un groupe de jeunes gens plutôt talentueux et bien décidés à conquérir le monde, et fatigante quand elle va de pair avec un manque d'inspiration. C'est très joli d'avoir de la morgue, à condition d'avoir de quoi la soutenir. Mais encore une fois, le principal propos d'Oasis tenait dans sa quête de gloire et de reconnaissance, ce qui signifie qu'une fois leur objectif atteint, ils se sont vus dans l'obligation de se réinventer. Et ça, niveau écurie à Augias et tout, ça se pose là, quoi. Finalement, la plus belle preuve de leur échec se retrouve dans le morceau d'ouverture de "(What's the Story) Morning Glory", "Hello", les trois minutes les plus barbantes, peu inspirées et premier degré de l'album. "It's good to be back" ? Pour vous peut-être, hein, mais moi je m'ennuie un peu. Vais plutôt aller me refaire un petit "Live Forever", tiens.


Suzy C.

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 12:18

Quittons cette semaine les nouveautés en tout genre pour réécouter une pépite de CDthèque. L’année 1968 nous rappelle notre moi de mai français, incontournable et fondateur, n’en déplaise au mari de Carla Bruni. Ce fut d’ailleurs un mois fondateur pour le monde, il suffit pour s’en persuader de voir l’excellent documentaire TV de Patrick Rotman, sobrement intitulé Mai 68.bullitt-cd.jpg

 

1968 est aussi l’année où débarque sur les écrans de ciné un flic, Bullitt, incarné par Steve McQueen. Film unique en son genre, il contient deux pièces de choix devenues des classiques du genre. D’une part, la célèbre scène de course-poursuite dans les rues de San Francisco. Un modèle du genre, souvent repris et imité mais jamais égalé. D’autre part, sa bande originale, composée par le prolifique Lalo Schifrin.

 

Après être né en Argentine en 1932 et s’être formé notamment au Conservatoire de Paris, Lalo Schifrin bosse pour le label jazz Verve Records. Lequel appartient à la Metro-Goldwyn-Mayer, qui va rapidement embaucher le bonhomme pour composer des musiques de films. La liste est quasi-interminable : elle débute en 1958 et s’arrête (pour l’instant) en 2007, avec bien souvent plusieurs compositions par an. On a tous déjà entendu du Lalo Schifrin : L’inspecteur Harry, Mission impossible (série et films), Mannix, Starsky et Hutch, Opération Dragon ou encore Amityville, tout ça, c’est de lui.

 

La quantité nuit-elle à la qualité ? Parfois peut-être, pas ici. Pour s’en convaincre, une de ses BO les plus lumineuses et efficaces : Bullitt.

La musique de Schifrin colle au film et à ses différentes facettes : tendue lors des scènes à suspense (Ice Pick Mike), rythmée et syncopée pour les moments plus actifs (Shifting Gears), paisible et romantique lorsque le grand Steve l’est aussi (Bullitt Main Title ou Cantata for Combo). Quelque soit le titre, on y retrouve la patte jazzy de Schifrin qui fut, doit-on le rappeler, pianiste de Dizzy Gillespie, et qui n’a jamais abandonné ses activités de jazzman.

Cette BO va bien plus loin. Elle colle aux différentes scènes en en épousant l’ambiance et l’action. Elle colle également aux différents aspects de la personnalité de McQueen/Bullitt. McQueen colle d’ailleurs au film, puisqu’il est présent dans toutes les scènes du films, à une exception près. Bullitt est donc un tiercé gagnant, une sorte de triptyque composé d’un film, d’un acteur et d’une BO. Qu’on retire un des trois constituants et c’est l’ensemble qui s’écroule.

 

Sauf que... Sauf que cette BO est une petite merveille, pour toutes les raisons déjà évoquées, et pour encore deux autres. 

Premièrement, elle sait s’effacer lorsqu’il le faut, et notamment pendant la fameuse course-poursuite. Les notes s’effacent pour laisser la place aux images incroyables et aux sons des deux moteurs de voiture, afin d’obtenir une scène culte d’un réalisme indéniable.

Deuxièmement, cette partition se paie le luxe de pouvoir exister comme une oeuvre musicale à part entière. Mettons entre parenthèse le film, posons la galette dans un lecteur : c’est un excellent CD jazz qui envahit nos oreilles et fait frémir tous nos sens. Ce niveau d’indépendance (tout comme la BO du jeu InFamous, jadis chroniquée ici-même) est la marque des grands enregistrements.

 

Formidable enregistrement jazz, BO redoutable, un des sommets de Schifrin : Bullitt est tout cela et bien plus. Une pépite parmi les pépites.

 
Raf Against The Machine
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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 14:25

Pink Floyd : on ne présente plus ce groupe dont le seul nom évoque tout aussi bien The Wall que des titres comme Money. La discographie du groupe est si riche qu’il faut (malheureusement) choisir un album.

 Ce sera Meddle, sixième album studio du groupe. Enregistré en 1971, Meddle sort le 30 octobre de la même année. Placé entre Atom Heart Mother (1970) et The Dark Side of the Moon (1973), Meddle fait office de charnière : transition entre les premiers opus psychédéliques et les futurs, plutôt marqués rock progressif et symphonique.cover_29441717102008.jpg

 L’album a été enregistré en plusieurs sessions, ce qui semble évident à l’écoute des titres successifs, très différents les uns des autres.

Meddle s’ouvre avec One of these days, sorte de longue introduction musclée d’où ressort la basse monstrueuse de Roger Waters. Monstrueuse par son omniprésence, mais aussi parce qu’elle est, grande particularité, la seule basse stéréo au monde. Autre spécificité du morceau : pendant les 40 premières secondes, pas de musique, juste le vent qui souffle. C’est assez couillu en ouverture d’album et mérite d’être signalé. Le réel démarrage ne vient qu’à 3 minutes 38, avec les seules paroles du titre qui lancent la totalité du groupe.

Suivent ensuite A pillow of winds et Fearless, deux ballades bon enfant qui tranchent totalement avec le rock électrique précédemment évoqué. Pas franchement les meilleures compositions du groupe : ni totalement planantes, ni très originales. Tout au plus écoutera-t-on Fearless jusqu’à son terme, pour entendre les supporters du Liverpool FC chanter leur You’ll never walk alone.

Beaucoup plus captivant, le San Tropez qui suit : un titre méconnu très orienté jazz-swing des années 30, avec les petits chorus qui vont bien. Etonnant de la part de Pink Floyd, mais très rafraichissant.

Le mélomane n’est pas au bout de ses surprises, puisque Seamus propose un blues acoustique d’une rare pureté, soutenu par la slide guitar de David Gilmour et le piano de Richard Wright. La place d’honneur ne revient pourtant à aucun des quatre membres du groupe : elle est réservée au chien de Steve Mariott (guitariste de son état, fondateur et leader des groupes The Small Faces et Humble Pie), qui chante. Rencontre improbable mais rencontre gagnante.

 Puis arrive, pour les 23 minutes et 28 secondes restantes, Echoes. Justifiant à lui seul l’album, Echoes est une plongée vertigineuse dans ce que Pink Floyd sait faire de mieux : un titre planant à rallonge. Plongée qui débute par un bip de sonar, qui se poursuit avec un thème aérien comme personne n’en écrit plus et une ligne de basse inoubliable.

Au bout de 7 minutes, changement d’ambiance pour un second thème plus rugueux mené en alternance par Gilmour et Wright. Vers la onzième minute, les instruments se taisent et la plongée se poursuit : un univers sonore peuplé de cris d’albatros et autres créatures étranges.

Quatre minutes d’errance et d’inquiétudes plus tard, le sonar nous récupère, pour nous redéposer à la 19e minute au premier thème légèrement remanié, comme si  le voyage ne nous avait pas laissé intact.

 Ce qui est le cas : Meddle est une vraie porte ouverte sur l’avenir du groupe. Après le brillant Atom Heart Mother, Pink Floyd fait de Meddle un album matrice qui permettra de servir les quatre albums d’anthologie à venir : Dark Side of The Moon (1973), Wish you were here (1975), Animals (1977) et The Wall (1979).

 

 

Raf against the Machine
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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 11:50

La musique qu’on aime, elle vient de là… Et Paul Personne en est un des maîtres hexagonaux, sinon LE maître.

 Direction le blues ce samedi. J’aurais pu choisir n’importe quel album de Paulo, ils sont tous excellents. Il était une fois la route a tout de même un ingrédient en plus : c’est un coffret live rempli à en déborder d’interprétations toutes plus incroyables les unes que les autres.cover-paulpersonne-il-etait-une-fois-400x400.jpg

 S’étalant sur un double CD, les 18 morceaux de l’opus donnent à écouter toute la palette de jeu de Paul Personne. La tournée Il était une fois la route fait suite à la parution de Demain il f’ra beau (2003) et Coup d’blues (2003), dyptique acoustique/électrique déjà incontournable.

 Et le bonhomme ouvre sa prestation par un contre-pied : Barjoland et Ca va rouler, titres qui servent habituellement de rappels sur les tournées précédentes. Dans des versions acoustiques d’une rare intensité, le Paulo est seul sur scène avec sa gratte. Presque comme s’il jouait dans notre salon, juste pour nous. La classe.

Titre après titres, ses acolytes viennent grossir le son. Sixième piste, Qu’est-ce qui a changé. Réponse : le son. A partir de ce moment, la formation complète est plantée et peut envoyer non pas 5 minutes de bon son, mais bel et bien quasiment deux heures !

 Et tout y passe. Le gros son blues-rock, donc, avec Qu’est-ce qui a changé, Aphonie cérébrale, Pas b’soin, Vue hier soir, Le bourdon. Les ballades plus posées, illustrées par T’arrêtes pas d’me manquer ou Renvoie la balle. Du bon vieux rock de chez nous aussi (n’est-ce pas, Marty McFly…) qui dépote : Quelqu’un appelle, Loco loco, Visions, C’est la vie qui m’a fait comme ça.

Du blues aussi, encore et toujours, avec Peepin’ and hidin’ et Big blues. Ce dernier morceau étant un des deux moments dantesque de la prestation : 16 minutes 54 de blues gras, lourd comme le poids du diable et hypnotisant comme un litre de whisky picolé au fond d’un club à trois heures du mat’ (Attention, l’abus d’alcool nuit gravement à la santé…).

L’autre moment d’anthologie se trouve sur le deuxième CD et dure 23 minutes : Zic, une sorte de déclaration d’amour à la déesse musique dans un mix foutraque et terriblement séduisant de rock, blues et rythmiques funk. Peut-être le sommet de cet opus.

 Ultime qualité de cet album, il laisse presque aussi KO et abasourdi qu’un vrai live en direct.

Pour avoir assisté à cette tournée (qui plus est dans une petite salle de 300 personnes !), je peux vous dire que c’était une folie intégrale dans le public. J’y ai vu toutes les générations en redemander encore et encore. Le Paulo a assuré, puisque ce soir là il a joué près de 3 heures. Et au bout de ces trois heures, je me souviens d’un gars à mes côtés, la cinquantaine tranquille et look de biker-routard, en train de chialer de bonheur.

Quand cet album est sorti, je me suis jeté dessus, je l’ai englouti. Cette fois, c’est moi qui ai chialé de bonheur à l’écoute d’une captation aussi infernale.

 Le blues, musique du diable ? Non, musique. Tout simplement.

 En vidéo : extraits du DVD qui accompagnait l’édition limitée, mais qu’on peut encore se procurer séparément… !

 

Raf against the Machine

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 18:23

Je ne sais pas pour vous, mais ici il neige. Donc il fait froid. Donc c’est la bonne occasion pour se réchauffer.

 Cette semaine, direction Bazbaz. Camille Bazbaz, ancien clavier de feu Le cri de la mouche. Ce groupe a officié entre 1987 et 1992 avec quatre galettes et un bon hard rock inspiré des années 70. On se souviendra entre autres de J’aime les escalators et Les seins de ma femme. Du rêve en barres.

 Changement de direction totale pour Bazbaz après la dissolution de la formation. Il se lance dans un mélange de dub, reggae et rock des années 60. Passage chez Les Satellites, puis le projet Bazbaz Orchestra qui enfantera d’ailleurs d’un album avec Winston McAnuff. Et Bazbaz entame une carrière solo.4139ejcyNfL._SL500_AA300_.jpg

 Le bonheur fantôme est son 4e opus solo, sans aucun doute le meilleur. Mettez le CD dans la platine et appréciez. L’album balance entre des comptines construites sur la répétition (comme Excès d’abus, Sans toi, Dis-le, Ritournelle) et des déclarations d’amour sensuelles et magnétiques : Mon allumette, Tout c’que tu veux, L’égérie, Ma belle évanouie par exemple.

 L’ensemble est soutenu par l’incontournable piano Fender Rhodes du monsieur,  piano tout droit sorti des années 60. Un bon gros son chaud et rond, une belle ligne de basse et régulièrement des rythmiques reggae, voilà une recette qui fait du bien. Ajoutons à cela le talent d’écriture de Bazbaz : « Je ne suis qu’un con d’homme/Dans un con de femme », « Je voudrais que tu sois légère, légère/L’égérie de mes nuits » et des dizaines d’autres trouvailles textuelles  du même genre qui placent Le bonheur fantôme au quasi-niveau d’un Gainsbourg au meilleur de sa forme.

 Pour couronner le tout, une partie des morceaux a été enregistrée en Jamaïque, sous la houlette de… Winston McAnuff, celui-là même qui avait déjà bossé avec Bazbaz et qui est surtout une grosse référence reggae.

 Ces différents ingrédients font du Bonheur fantôme un disque enivrant, sexuel et jouissif qu’il est bon de se passer en boucle. Chaque morceau formant d’ailleurs une sorte de boucle en lui-même, le CD écouté en boucle donne cette sensation vertigineuse que le meilleur est passé ou reste à venir, alors qu’il est aussi là, à la seconde actuelle. Comme une impression de faire l’amour pendant 57 minutes, ou bien plus si on active le repeat…

 Le bonheur fantôme s’écoute donc avec son amoureuse/son amoureux, ou tout du moins en pensant à elle/lui. Il n’est pas interdit de l’écouter nus.

 

Petit bonus live...

 

 

Raf against the Machine

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 20:21

Une fois n’est pas coutume, nous allons parler cinéma aujourd’hui. Plus exactement musique et cinéma, en allant (re)découvrir une pépite parmi les pépites.tdkscore.jpg

Début 2008, il se confirme que Christopher Nolan est à la tête d’un nouveau Batman. Après avoir rebooté la série avec l’excellent Batman Begins, Nolan remet le couvert : The Dark Knight est sur les rails. Le 13 août 2008 débarque sur les écrans français ce film incroyable, réunissant Nolan à la réalisation, Bale en Batman et Heath Ledger en Joker psychopathe.

Le long-métrage aura le succès qu’on lui connaît, succès dû en bonne partie à l’alchimie entre le talent de Christopher Nolan et une bande son extrêmement aboutie.

 Les 14 morceaux qui constituent la galette nous baladent allègrement entre trois ambiances : des moments de grande tension (le Joker), d’autres assez épiques et lyriques (Batman) et enfin des climats plus doux (Harvey Dent, avant qu’il ne devienne Double Face). Cette alternance est possible grâce à la composition en duo de Zimmer et Howard : le premier s’est plutôt chargé des musiques accompagnant Joker, Howard a géré le reste. Le binôme avait d’ailleurs déjà officié sur Batman Begins.

Les deux compositeurs n’en sont pas à leur coup d’essai. Zimmer a déjà signé un nombre impressionnant de BO, parmi lesquelles Pirates des Caraïbes, La ligne rouge, Mission Impossible 2, Sherlock Holmes ou Inception. De son côté, Howard a travaillé sur King Kong, Sixième sens, Collateral ou Je suis une légende.

 La BO du Dark Knight a ceci d’intelligent : elle vient systématiquement soutenir l’image, et réciproquement. Exemple avec l’ouverture du film : les cadrages de Nolan sont inquiétants, silencieux, jusqu’à ce qu’on remarque au fond de nos tympans une ligne sonore stridente et angoissante qui s’insinue petit à petit. Alors que, petit à petit également, nous découvrons à l’écran le premier méfait du Joker.

Autre exemple avec la clôture du film : sans dévoiler la fin, on peut dire que le plan final montre Batman s’éloignant sur sa moto, dans une fuite inévitable. Pour qui a vu le film, les dernières images sont saisissantes d’émotion et d’appel d’air, appel d’air qui nous est apporté par le souffle épique du thème surpuissant qui débarque dans nos oreilles.

Entre le premier et le dernier plan, 2h40 d’images époustouflantes et de sons dévastateurs. On ne ressort pas intact d’une projection du Dark Knight. Parce que le film est atrocement sombre et désespéré et que les thèmes liés au Joker l’y aident. Aussi parce que la bande originale réserve de beaux moments remplis d’émotion et d’air frais bienvenu. En cela, elle aide aussi à encaisser un film coup de poing.

 En un mot comme en cent : ruez-vous sur cette excellente bande originale et profitez-en pour (re)voir The Dark Knight. « Avez-vous déjà dansé avec le Diable au clair de lune ? » : oui, au son de ce magnifique album.

  

 

 Raf against the Machine

 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 10:39

Je vous avais promis de la pépite de CDthèque, en voilà une bonne, une vraie, une authentique : Exile on main street (également orthographié Exile on main St.), pondu par les Rolling Stones.rolling_stones_-_exile_on_main_street_-_front.jpg

L’opus approche de la quarantaine. Il est non seulement considéré comme un des meilleurs albums des Stones, mais aussi comme un des meilleurs albums de rock, tout court. Vérifions cela.

Tout d’abord, Exile est le seul double album studio des Stones. Ce qui en soi, ne veut rien dire, puisque la quantité ne fait pas la qualité. Pourtant, les 18 titres originaux ont permis aux Stones d’étaler l’éventail de leurs talents, en explorant tour à tour le rock’n’roll (Rip this joint), le blues (Shake your hips, Ventilator blues), le gospel (I just want to see his face), le boogie (Casino boogie)… Bref, toute la musique qu’on aime, celle qui vient de là.

Ensuite, Exile on main street est auréolé de légendes sulfureuses comme le monde du rock les aime. Eté 1971, les Stones louent la Villa Nellcôte à Villefranche-sur-Mer, sur la Côte d’Azur. La cave servira de studio d’enregistrement. Enfin, lorsque les Stones seront en état d’enregistrer. Autrement dit, lorsqu’ils ne seront pas stoned (ah ah ah !). Si le vin français a trouvé là de fameux amateurs-consommateurs, il laisse également la place aux pétards et à l’héroïne, en quantités bien évidemment stoniennes.

De ce fait, Exile est une sorte d’incarnation musicale du tryptique « Sexe, drogues et rock’n’roll ». Ah oui, mais me direz-vous, mon cher Raf, vous n’avez parlé que de rock et de drogues. Patience, j’y viens. Les légendes les plus folles ont couru sur cet exil français des Stones : des orgies sexuelles interminables, égayées par des filles à poil courant dans la villa. Une sorte de loup y es-tu qui se termine fatalement par une rencontre  avec le Loup. Légende quand tu nous tiens, en dépit des déclarations de Keith Richards : « Il n’y a jamais eu vraiment d’orgies : on ne pouvait pas écrire, composer, jouer et faire la fête en même temps ». J’espère que, comme moi, la seule chose qui vous fait marrer dans cette phrase, c’est le « vraiment ». Sacré Keith !

Enfin, l’année 2010 a vu la sortie d’un documentaire making-of, sobrement intitulé Stones in Exile. Occasion en or pour rééditer Exile, agrémenté d’un deuxième CD d’inédits. Ces derniers sont en fait des instrumentaux de l’époque, agrémentés de voix et chœurs réenregistrés en 2009. Malgré l’opération commerciale évidente, cette édition Deluxe est tout de même une aubaine pour nous : redécouvrir Exile avec 10 titres supplémentaires qui enrichissent encore l’expérience. 

Que faut-il donc finalement penser de Exile on main street ? Du bien, rien que du bien. Il suffit d’entamer l’écoute de l’album et de se plonger avec délectation dans ces 18+10 titres. La voix de Jagger, tantôt rugissante, tantôt canardesque ; les riffs de Richards, gras et dévastateurs ; la finesse rythm’n’blues de la formation musicale. Tout y est, et même plus. On comprend difficilement qu’à sa sortie, Exile ait fait l’objet d’un accueil mitigé. On comprend beaucoup mieux son statut d’album culte et référence aujourd’hui.

Exile réussit le tour de force de regrouper toutes les racines de la musique populaire américaine, tout en affichant l’unité diablesque d’un bon vieil album sorti tout droit du delta du Mississippi. Un des meilleurs albums de rock ? Sans aucun doute. Un des meilleurs des Stones ? Non : LE meilleur.

  


 

Raf against the Machine

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 13:34

Voici quelques heures, Maître Sylphe s’est inquiété de mon sort, ne m’ayant plus vu sur ce blog depuis deux semaines. Que tout le monde se rassure, je vais très bien. Si une bronchite m’a quelque peu ralenti, je reviens néanmoins partager avec vous cinq minutes de bon son, ayant donc eu tout le temps de réécouter une partie de ma CDthèque.611233.jpg

Nouvelle pépite avec Monstre-toi, un des albums concepts de Jad Wio. Quicédonk Jad Wio ? Un groupe né en 1982 de la rencontre de Denis Bortek et Christophe K-Bye, que les fans vont vite renommer tout simplement Bortek et K-Bye. Caractéristique principale de ce duo phare du rock underground français : explorer divers styles musicaux et différentes thématiques selon les albums, tout en conservant une identité spécifique et unique. Textes ciselés de Bortek, musique inventive et débridée de K-Bye, tout est là et chaque album est une vraie pépite.

Nous allons donc plonger dans Monstre-toi, quatrième opus jadwioesque, après Cellar Dreams (1986) et Contact (1989), tous deux très marqués « fétichisme, bondage et sexe équivoque »*. Vient ensuite Fleur de Métal (1992), une « rêverie cosmique et romantique aux accents swedenborgiens »*, très clairement influencée par Blade Runner et réalisée sous la houlette de Bertand Burgalat.

Monstre-toi est une virée dans l’univers du film d’épouvante et des freaks. Tous les ingrédients sont réunis. Les personnages monstrueux ou hors normes tout d’abord : Jude Blatte pour Le cœur dans la bosse, l’agent Phyllis avec Allo Police, Victor dans le titre éponyme, le Diable omniprésent. Les scènes classiques ensuite : un Bal des fantômes, un accident-panne de voiture avec Car crash, la transformation (physique ou mentale) dans Transformation, les cauchemars enfantins dans Monstre-toi.

La partition, enfin, pour englober le tout. Certes, en 1995, K-Bye a quitté le groupe depuis déjà près de 3 ans, remplacé par Le Baron. Pourtant, la palette musicale de la galette est complète et reste fascinante. Le cœur dans la bosse sent le cabaret interlope, Car crash ou Lax 66 respirent le rock, Maldonne est inquiétant à souhait. Le bal des fantômes accueille le Bachibouzouk Band d’Arthur H, ou la rencontre de deux univers aux identités très marquées. Nos oreilles passent dans toutes les pièces du manoir hanté, de la cave au grenier. Retour à la case départ et fin du voyage avec Mein Herz ist im Buckel (littéralement Mon cœur est dans la bosse). Autrement dit : le premier morceau du CD réenregistré en allemand sur une partition encore plus envoûtante.

Presque fin du voyage, puisque les plus curieux pousseront jusqu’au numéro 13, le « morceau fantôme » (quelle classe et quelle intelligence) avec une reprise débridée et explosive en français du Sweet transvestite du Rocky Horror Picture Show.

Disque monstre et fascinant, Monstre-toi sera le dernier de Jad Wio première époque. Le groupe se met en sommeil, avant un retour-renaissance depuis 2004. « Si vous êtes arrivés jusqu’ici, c’est que vous êtes de l’Autre Côté » : écoutez Jad Wio, vous adorerez ou détesterez le voyage, mais, entre nous, il est si bon d’être de cet Autre Côté avec un des groupes majeurs du rock français.


  *Les citations sont tirées du site officiel de Jad Wio, visitable en cliquant ici.

 

 Raf against the Machine

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 13:51

En 1964, Lou Reed rencontre John Cale. Le New-yorkais et le Gallois fondent un groupe au nom changeant, avant de se stabiliser sur le Velvet Undergroud (VU), inspirés par le titre d’un bouquin sur le sado-masochisme. Déjà tout un programme. Le groupe décolle réellement en 1965 : première démo, premiers concerts en formation définitive et surtout entrée à la Factory d’Andy Warhol. Le premier album The Velvet Underground & Nico (1966) dit « à la banane » (tout un programme encore) et le second, White Light/White Heat (1967), sont expérimentaux et, pour tout dire, parfois inaudibles. Disons qu’il faut vraiment en vouloir pour se passer White Light en boucle.256863_1_f.jpg

Le départ de John Cale (ou plutôt son éjection par le toujours sympathique Lou Reed) et son remplacement par Doug Yule vont clairement réorienter le VU sur un terrain plus pop. En témoignent The Velvet Underground (1969) et la tournée qui s’en suit. Tournée enregistrée en grande partie par des fans avec un magnéto sous le bras. Les bandes seront récupérées dans les mois et les années suivants. Elles paraîtront sur quelques bootlegs, mais aussi sur deux albums officiels : 1969 : The Velvet Underground Live (1974), dont il est question aujourd’hui, et The Quine Tapes (2001).

Que vaut donc le CD du jour ? Tout est affaire de goût. Les fans de la première heure du VU regretteront amèrement l’absence de Cale, de Nico, des performances SM accompagnant le son et de l’ambiance bordel foutraque de la Factory warholienne. Les autres aimeront peut-être, ou encore trouveront que le son est « vraiment trop pourri, ça craint un max ». Il n’empêche que tous ces titres sentent bon le live pirate mais en fait officiel.

Mettez l’album dans vos oreilles, fermez un peu les yeux et vous vous croirez au fond d’un bar bien crasseux et enfumé où un petit groupe pas manchot déroule des morceaux interminables. Les deux accords de Waiting for my man sont imparables, l’énergie répétitive de What goes on ou Sweet Bonnie Brown est étourdissante, la version acoustique de Sweet Jane délicieuse. New Age donne l’impression de ne jamais finir et Rock’n’roll sent bon le groupe de lycéens qui défénestre les classiques le weekend au fond d’une cave. Je pourrais encore vous citer le très beau Pale blue eyes, ou vous dire que White Light/White Heat est livré dans une version enfin supportable. Ou encore arguer de la double présence de Heroin, un des morceaux phares du VU, dans deux versions qui font frissonner les tympans.

Je pourrais vous dire tout ça, mais l’album se suffit à lui-même. Ce n’est sans doute pas un enregistrement exceptionnel (techniquement et musicalement) et la pochette peu ragoûtante livre son lot de doutes, mais j’aime y revenir régulièrement. 1969 : The Velvet Underground Live est un album refuge, un son qui me fait du bien. Ce qui est encore meilleur, c’est qu’il s’agit d’un double. Quand la première galette s’achève, la deuxième reste à venir. On y retourne ?

 

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